BFMTV

En pleine opération, deux médecins se battent au bloc opératoire

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Martin Bureau-AFP

Deux médecins de Lisieux en sont venus aux mains au bloc alors qu'une opération était en cours. Ils risquent d'être radiés.

Un urologue et un anesthésiste risquent la radiation. Deux médecins de Lisieux ont comparu fin mai devant la chambre disciplinaire de l'ordre des médecins de Caen pour s'être battus au bloc opératoire.

"On a évité de peu un drame catastrophique", témoigne pour Le Parisien l'un des membres de cette chambre. L'affaire remonte au 25 février 2017. Aux environs de 18 heures, dans cette polyclinique du Calvados, alors qu'une opération est en cours et que la patiente est endormie, l'anesthésiste pénètre "en furie" le bloc opératoire.

Il refuse d'endormir la patiente

Il est très en colère de ne pas avoir été prévenu qu'une autre intervention ait été programmée en cette fin de journée, opération qu'il juge non urgente et dénonce un manque de personnel. Comme le souligne pour le quotidien Olivier Leca, son avocat, "la charte du bloc prévoit qu'aucune opération ne doit démarrer après 16 heures".

Le ton monte. Il qualifie l'urologue, qui a débuté une autre opération il y a cinq heures, de "connard incompétent". Et refuse d'endormir la patiente qui attend dans une autre salle. Les noms d'oiseaux pleuvent. Ils en viennent aux mains.

"Ceinturé" par un infirmier

Le chirurgien saisit de la Bétadine, un antiseptique, et la jette au visage de l'anesthésiste. "Un simple geste d'évitement. Il se sentait menacé", selon Emmanuelle Duval, son avocate. L'anesthésiste empoigne alors des ciseaux, "bien décidé à en découdre", a déclaré le magistrat. Il se dirige vers son confrère mais est "ceinturé" par un infirmier, qui l'emmène dehors.

L'altercation se poursuit dans les vestiaires puis à l'extérieur de la polyclinique. L'urologue frappe son confrère avec sa mallette d'ordinateur au visage et lui cause une fracture au niveau de l'œil. L'anesthésiste, qui a écopé d'un mois d'arrêt de travail, a démissionné. Tous deux se renvoient la responsabilité de l'incident. Ils seront fixés sur leur sort dans un mois.

C.H.A.