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Sept salariés en grève de la faim à l'hôpital psychiatrique de Rouen

Les fichiers d'hospitalisation psychiatrique sans consentement et de "radicalisation terroriste" pourront désormais être croisés.

Les fichiers d'hospitalisation psychiatrique sans consentement et de "radicalisation terroriste" pourront désormais être croisés. - (illustration) - AFP

Pour protester contre le manque de personnel et une dégradation des conditions de travail, sept salariés de l'hôpital psychiatrique de Rouvray ont entamé une grève de la faim.

Sept salariés de l'hôpital psychiatrique de l'agglomération de Rouen observent une grève de la faim, dont quatre depuis le 21 mai, pour obtenir des moyens supplémentaires, a indiqué ce lundi la CFDT.

"Notre santé commence à être menacée" 

Les trois autres ont rejoint le mouvement respectivement jeudi, vendredi et dimanche, selon le syndicat. Les sept grévistes de la faim de cet hôpital dit du Rouvray, situé à Sotteville-lès-Rouen, sont âgés de 34 à 51 ans, selon la même source.

"Notre santé commence à être menacée selon les médecins du SAMU qui sont venus à notre rencontre", a indiqué à un correspondant de l'AFP l'un d'entre eux Jean-Yves Herment, secrétaire CFDT du CHSCT de l'hôpital touché par un mouvement social depuis le 22 mars. Jean-Yves Herment indique avoir déjà perdu "plusieurs kilos".

"Nous réclamons la création de 52 postes d'aides-soignants et d'infirmiers afin de faire face à une surpopulation chronique de l'hôpital et à une dégradation des conditions de travail et d'accueil", a précisé Jean-Yves Herment.

Cinq personnes recrutées, un chiffre "ridicule"

"Cela fait des mois que nous tirons la sonnette d'alarme. La direction et l'ARS (Agence régionale de santé) ne nous oppose que du mépris. Nous passons donc à une nouvelle phase, a ajouté Jean-Yves Herment.

L'intersyndicale CFDT, CGT et CFTC demande également une solution immédiate pour l'hospitalisation des patients mineurs aujourd'hui reçus selon elle dans des unités réservées aux adultes.

Contactées par le correspondant de l'AFP, l'ARS et la direction du centre du Rouvray n'ont pas souhaité faire de commentaires. Le 24 mai la direction de l'hôpital avait dans un communiqué estimé qu'il n'y avait "plus de suroccupation dans l'établissement à la suite d'un ensemble d'actions mises en place le 15 avril".

La direction avait notamment annoncé l'embauche de cinq contractuels, un chiffre jugé "ridicule" par les syndicats. Quatre contractuels ont effectivement été recrutés depuis et un cinquième est attendu début juin selon la CFDT.

La visite de Benoît Hamon

Dans son communiqué du 24 mai, la direction ajoutait "être favorable à mieux organiser dès à présent l'hospitalisation des adolescents dans une unité individualisée pour améliorer les prises en charge". "La comparaison des ressources d'assurance maladie par habitant montre un positionnement du CH du Rouvray au-delà de la moyenne nationale et de la moyenne régionale", avait aussi affirmé la direction.

L'entourage du fondateur du mouvement Générations, Benoît Hamon a annoncé ce lundi sa venue auprès des grévistes mardi.

En 2016 l'effectif équivalent temps plein de l'hôpital se montait à 1.951.

M. F. avec AFP