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Dispositif de fouilles levé sur un ancien terrain de Michel Fourniret dans les Ardennes

Les gendarmes étaient à l'oeuvre depuis lundi sur ce site de l'ancienne propriété de "l'ogre des Ardennes".

Les gendarmes étaient à l'oeuvre depuis lundi sur ce site de l'ancienne propriété de "l'ogre des Ardennes". - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Mercredi matin près de Sedan, le dispositif de fouilles sur le terrain ayant appartenu à Michel Fourniret a été levé.

Le dispositif de fouilles sur un terrain ayant appartenu au tueur en série Michel Fourniret à Floing (Ardennes), près de Sedan, a été levé mercredi en fin de matinée.

Les gendarmes étaient à l'oeuvre depuis lundi sur ce site de l'ancienne propriété de "l'ogre des Ardennes", sondant particulièrement un jardin d'enfants qu'il avait sanctuarisé. Un camion-benne transportant des matériaux amalgamés de terre a quitté les lieux vers 11h30.

La terre entièrement retournée

Sur le site des fouilles désormais accessible, la terre a été entièrement retournée, en surface, à l'endroit du jardin d'enfants, et plus profondément mais en certains points seulement aux alentours immédiats de l'ancienne grange aménagée du tueur en série. 

Sur ce dernier site, "ils ont seulement pris des buses (canalisations d'évacuation, NDLR)", a indiqué un conducteur de pelleteuse en train de reboucher les trous.

Les gendarmes, les services de l'identification criminelle et la juge d'instruction parisienne Sabine Kheris, ont tous quitté ce site, où ils enquêtaient depuis lundi matin vers 9h30.

La gendarmerie de Champagne-Ardennes n'a pas souhaité faire de commentaire sur l'éventuel résultat de ces investigations. L'enquête est menée par la SR de Dijon, dont une équipe était sur place.

Deux jeunes filles de l'Yonne

Sabine Kheris est chargée de l'enquête sur les meurtres de deux jeunes filles de l'Yonne, Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, que Fourniret a reconnus en février après les avoir niés dans le passé. Le corps de Marie-Angèle Domece, handicapée mentale disparue en juillet 1988 dans l'Yonne à l'âge de 19 ans, n'a jamais été retrouvé.

Cette fouille intervient alors que l'enquête sur le volet Parrish et Domece arrive dans sa phase finale, Sabine Kheris ayant annoncé en mai aux parties civiles que le procès du couple pourrait se tenir en 2019 ou 2020.

En mars, Michel Fourniret a également relancé les spéculations sur sa possible implication dans la disparition d'Estelle Mouzin, neuf ans, à Guermantes (Seine-et-Marne) en 2003, en livrant devant une juge d'instruction ce qu'une avocate de la famille Mouzin qualifie d'"aveux en creux". 

Michel Fourniret a détenu de 1964 à 1999 l'ensemble de cette vaste propriété située au "clos de la Joncquière", au bout d'une voie sans issue de ce village d'environs 2.400 habitants proche de Sedan. Des anciens voisins ont affirmé en début de semaine avoir vu Fourniret creuser "des tranchées", "le soir", sur ce terrain.

Condamné en 2008 à la perpétuité incompressible

Il avait ensuite vendu la partie basse du terrain en plusieurs parcelles, sur lesquelles ont été construites des maisons pavillonnaires, tout en veillant à sanctuariser le jardin d'enfants par une "clause bizarre", avait expliqué Dominique Meurie, la maire de la commune. Contrairement à la maison, il n'avait jamais été fouillé.

Agé de 76 ans, Michel Fourniret a été condamné en 2008 à la perpétuité incompressible pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol. Le 16 novembre, il a été à nouveau condamné à la perpétuité pour l'assassinat en 1988 de Farida Hammiche, dont le corps n'a jamais été retrouvé non plus.

B.L. avec AFP