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Disparition de Delphine Jubillar: pourquoi son mari, Cédric, est revenu au cœur de l'enquête

Placé en garde à vue depuis deux jours, Cédric Jubillar a été déféré et présenté à un juge en vue d'une mise en examen ce vendredi. Un message envoyé la nuit de la disparition de l'infirmière intrigue particulièrement les enquêteurs.

L'étau est-il en train de se resserrer encore plus autour de Cédric Jubillar? Six mois après la disparition de sa compagne Delphine à Cagnac-les-Mines dans le département du Tarn, avec qui il était en instance de divorce, ce dernier a été placé en garde à vue dans le cadre de cette enquête ce mercredi, en compagnie de sa mère et de son beau-père. Ces gardes à vue se sont achevées ce vendredi matin, Cédric Jubillar ayant été déféré devant un juge. Il a été mis en examen pour meurtre aggravé en début d'après-midi.

Avant son placement sous le régime de la garde à vue, cet intérimaire âgé d'une trentaine d'années avait déjà été entendu fin avril en "qualité de partie civile", donc de victime, par les juges. Il avait participé fin décembre à une battue citoyenne réunissant un millier de personnes puis de nouveau samedi à Albi à une marche blanche réunissant 80 proches et collègues en honneur de la jeune femme.

Découverte d'un amant?

Selon le quotidien francilien, plusieurs nouveaux éléments dans le dossier, ainsi que plusieurs incohérences dans les propos du mari, ont déclenché l'arrestation de Cédric Jubillar. Ainsi les enquêteurs auraient découvert l'existence de "l'amoureux de Montauban", un homme rencontré sur internet et dont Delphine se serait éprise au fil des semaines. Tous deux avaient comme objectif de quitter leurs conjoints respectifs et de s'installer ensemble dans un futur proche.

Leur relation était aussi bien sentimentale qu'épistolaire. Selon Le Parisien, les deux amants s'écrivaient fréquemment, dont cette soirée du 15 décembre, peu avant la disparition de la jeune femme en pleine nuit. Là, Delphine aurait envoyé un selfie à son amant. Les enquêteurs sont persuadés que Cédric aurait mis la main sur ce message, mais aussi sur l'identité de l'homme qu'elle s'apprêtaît à rejoindre.

"Il a mis la main sur des éléments, des noms, des photos de profil, mais est-ce qu’il avait précisement identifié cette personne? C’est beaucoup moins sûr à ce stade", explique auprès de BFMTV Ronan Polgoas, grand reporter au service police-justice du Parisien.

"J'ai grillé Delphine!"

Durant son interrogatoire, Cédric Jubillar a fermement soutenu qu'il n'était absolument pas au courant de l'existence de cet homme. Pourtant, un texto envoyé à l'une de ses connaissances lors de cette nuit du 15 au 16 décembre pourrait bien rebattre les cartes

"J’ai grillé Delphine!", écrit-il le 16 décembre au matin, soit peu après la disparition de sa compagne. S'il est pour l'heure impossible de dire si le trentenaire était bel et bien au courant de la liaison, il aurait cependant bien cerclé plusieurs profils Instagram sur son téléphone, dont celui du fameux inconnu de Montauban.

Au cours de cette garde à vue, les enquêteurs ont ainsi eu pour tâche de confronter les trois interpellés à ces nouveaux éléments.

"On est dans les prérogatives de la garde à vue, la mise à disposition des suspects pour empêcher leur concertation afin de mettre en place une défense. Ils sont à disposition de la justice. Cela va consolider ou pas des hypothèses de travail", explique auprès de BFMTV Marc Rollang, capitaine de gendarmerie et porte-parole de l’association Gendarmes et citoyens.

Pour l'heure, cet homme qualifié de retors et d'une grande vivacité d'esprit par des sources proches du dossier est toujours présumé innocent.

Selon la version des faits du mari, Delphine Jubillar est sortie de la maison le 15 décembre vers 23h pour promener leurs deux chiens, en plein couvre-feu, vêtue d'une doudoune blanche et avec son téléphone portable. Les chiens seraient revenus à la maison sans elle, selon le mari.

Réveillé vers 4h par les pleurs de leur fille, Cédric Jubillar se serait alors rendu compte de l'absence de son épouse et aurait téléphoné à des amies de cette dernière habitant le village, pensant qu'elle pouvait se trouver chez l'une d'elles. Il avait ensuite appelé la police.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV