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Disparition d'une étudiante japonaise à Besançon: le procureur va tenir une conférence de presse

Narumi Kurosaki

Narumi Kurosaki - Capture d'écran YouTube

Narumi Kurosaki a disparu le 4 décembre 2016, à Besançon. Son ex-petit-ami, le principal suspect, a fui vers l'Argentine, son pays d'origine, mais fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Deux ans après la disparition de la jeune femme, la justice française, convaincue qu'il a assassiné l'étudiante japonaise, pourrait demander son extradition.

Après un an de silence, le procureur de Besançon va donner ce matin à 10 heures une conférence de presse au sujet de l'affaire Narumi Kurosaki dans les murs du Palais de Justice. Il s'agira de faire un "point d'étape sur l'avancée de l'information judiciaire", pour reprendre les mots du parquet, sans que l'on sache pour le moment si les enquêteurs disposent de nouveaux éléments à verser au dossier. Le dernier point presse au sujet de l'affaire remonte au 29 novembre de l'année dernière.

Selon L'Est Républicain, les parents de la jeune Japonaise se sont rendus à Besançon la semaine dernière pour rencontrer les enquêteurs et la juge d'instruction. Si elle était en possession de nouveaux éléments, la justice française pourrait enfin décider de demander l'extradition du principal suspect, réfugié au Chili depuis la disparition de la jeune femme fin 2016.

Jusqu'ici, cette demande, qui ne peut être formulée qu'une fois, avait été suspendue par le procureur, dans l'attente de la suite de l'enquête et surtout, dans l'espoir que la dépouille de la jeune femme soit enfin retrouvée.

Un suspect réfugié au Chili

Narumi Kurosaki, 21 ans, n'a plus donné signe de vie depuis le 4 décembre 2016, après un dîner avec son ex-petit-ami. Dernière personne à l'avoir vue en vie, Nicolas Zepeda Contreras, un jeune homme de 26 ans issu de la haute bourgeoisie chilienne, a très rapidement été considéré comme un suspect par les enquêteurs. 

Les deux jeunes gens s'étaient rencontrés début 2016 dans la ville japonaise de Tsukuba, où ils étudiaient tous les deux. Mais la jeune femme avait mis fin à leur idylle juste avant de s'envoler pour Besançon, où elle voulait apprendre le français à compter de la rentrée suivante.

Elle avait rapidement retrouvé l'amour mais en septembre, le Chilien, vraisemblablement plus accroché, avait enregistré une vidéo de menaces à destination de Narumi Kurosaki. "Il faut qu'elle assume, elle a deux semaines pour se rattraper", lançait-il à la caméra. Avant de prendre, à son tour, un avion pour Besançon le 30 novembre, une semaine avant la disparition de la jeune femme. 

Autre élément intriguant, Nicolas Zepeda Contreras a quitté la France quelques jours seulement après la disparition et son téléphone a été localisé dans la forêt de Chaux, l'une des plus vastes forêts de France, dans le Jura. Les enquêteurs estiment qu'il aurait pu y déposer le corps.

Pas de corps

Las, malgré 1000 heures de battues, notamment dans la forêt jurassienne, aucune trace du corps de la disparue n'a pu être retrouvée. La justice a officiellement mis fin aux recherches en juillet, faute d'élément nouveau.

Le fait que Narumi soit morte fait pourtant peu de doute dans l'esprit des enquêteurs. Le procureur a ouvert une instruction en janvier 2017 pour assassinat. Le principal suspect, réfugié au Chili, fait depuis l'objet d'un mandat d'arrêt international qui l'empêche de passer les frontières du pays.

Si tout semble l'accuser, Nicolas Zepeda Contreras continue pourtant de crier son innocence, assurant qu'il a quitté la jeune femme au beau milieu de la nuit, après une relation sexuelle consentie. Une version qui ne colle pas avec celle des habitants du campus de la Bouloie, où vivait Narumi, qui racontent eux avoir entendu des cris d'effroi la nuit de la disparition, vers 3 ou 4 heures du matin.

Faute de corps, il n'est pas certain que la demande d'extradition aboutisse, la justice chilienne ayant déjà fait savoir qu'elle considérait le dossier trop mince. Si le Chili acceptait, l'assassin présumé serait livré à la justice française. Dans le cas contraire, la France pourrait transmettre l'affaire à la justice chilienne ou bien choisir d'organiser un procès par contumace, c'est à dire en l'absence de l'accusé. 

Claire Rodineau