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Depuis la mort de Samuel Paty, 237 enquêtes ouvertes pour apologie du terrorisme et menaces de mort

Les cibles de ces menaces sont multiples puisque enseignants, élus et responsables religieux sont touchés.

Près d'un mois après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine qui a coûté la vie à Samuel Paty, les enquêtes se poursuivent. En parallèle de l'investigation principale, ouverte afin de comprendre les circonstances de l'attaque, d'autres dossiers parallèles sont attentivement suivis par la police. Le 3 novembre dernier par exemple, une enquête avait été ouverte pour apologie du terrorisme contre deux collégiens de Strasbourg.

Et ce cas alsacien est loin d'être isolé. Selon les informations de BFMTV, depuis l'assassinat du professeur d'histoire-géographie le 16 octobre dernier, 237 enquêtes ont été ouvertes en France pour apologie du terrorisme, menaces de mort et provocation à la violence. Les cibles de ces menaces sont d'ailleurs multiples puisque enseignants, élus et responsables religieux sont touchés.

"Il faut réagir"

Il y a quelques jours, Stéphane Raffalli, maire socialiste de la commune de Ris-Orangis, dans l'Essonne, a déposé plainte après la publication d'un message sans équivoque sur la page Facebook de la ville. "Nous arracherons vos cous impurs", était-il écrit, accompagné d'une photo montrant un homme armé d'un couteau.

"D’abord c’est de la sidération, on n’est jamais habitués à de telles violences, même si elles sont écrites. Et puis ensuite, il faut réagir, alors j’ai réagi en saisissant la police nationale pour l’organisation d’un dépôt de plainte", explique l'élu auprès de BFMTV.

Un appel à porter plainte

Afin de lutter contre cette multiplication des menaces en ligne, les autorités souhaitent prochainement mettre en place un pôle spécialisé du parquet de Paris, constitué de magistrats spécialisés.

En cas de menaces, il convient de porter plainte, insiste l'avocat Thibault de Montbrial, auprès de BFMTV.

"Les menaces de mort, il faut systématiquement les poursuivre parce que les gens qui vous menacent de mort sur Internet, cela constitue des désignations d’objectifs. C’est-à-dire que quand ils sont arrêtés ils n’imaginaient pas les conséquences de leur message, mais en réalité, tous les gens qui le voient peuvent se monter la tête, et certains peuvent avoir l’idée de passer à l’acte et de commettre des violences physiques", conclut-il.
Mélanie Bertrand, Julie Dubois et Marjorie Marcillac avec Hugo Septier