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Ce que contient le nouveau plan de lutte contre le trafic de drogue annoncé par le gouvernement

Quatre ministres se sont déplacés à Marseille pour dévoiler les grandes mesures du nouveau plan de lutte contre les stupéfiants et envoyer un message aux trafiquants: "La France ne sera pas leur terrain de jeu", promet Castaner.

La ville n'a, bien sûr, pas été choisie au hasard. Ce mardi, le nouveau plan national de lutte contre les stupéfiants a été dévoilé à Marseille, théâtre régulier de règlements de comptes sur fond de trafic de drogue.

Aux côtés du secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et du ministre des Comptes publics en charge des Douanes, Gérald Darmanin, Christophe Castaner a tenu à montrer que le gouvernement était "pleinement mobilisé contre le trafic". Ce "fléau" est considéré comme le premier "marché criminel" en France, avec un chiffre d'affaires estimé à près de 3,5 milliards d'euros en 2018.

Une "action forte et résolue pour plus de sécurité (...) est un enjeu de société" pour ne pas se faire imposer "le diktat des dealers", a ajouté le ministre de l'Intérieur, avant de présenter un plan de 55 mesures.
  • Un nouvel office de 150 enquêteurs

Parmi les annonces destinées à améliorer l'efficacité des services antidrogues - et faire oublier de récents déboires judiciaires dont ceux du patron déchu de la lutte antidrogue François Thierry -, l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), créé en 1953, est remplacé par un nouvel organe, l'Ofast. L'acronyme rappelle la pratique du "go fast", les convois rapides de transports de stupéfiants.

Opérationnel le 1er janvier 2020, cet office "chef de file unique de la lutte contre les trafics de drogue", sera doté de "150 enquêteurs" et de "16 antennes métropole et en Outre-mer", a annoncé Christophe Castaner. Le but: centraliser les renseignements sur le trafic de drogue aux niveaux national et européen mais aussi, mieux les partager avec la justice.

Pour s'assurer du bon dialogue des deux institutions, l'Ofast sera dirigé par Stéphanie Cherbonnier, actuelle conseillère "justice" auprès de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), aidée d'un magistrat comme adjoint.

"L'objectif est simple: mutualiser nos forces et frapper fort afin d'envoyer un message clair aux trafiquants. La France ne sera pas leur terrain de jeu", a assuré le premier flic de France.
  • Davantage de cellules de renseignement

Qui dit renseignement dit également encrage local. Beauvau promet de déployer davantage de cellules de renseignement opérationnel (CROS). 28 ont été créés jusque-là dans les grandes aires urbaines, trois supplémentaires seront opérationnelles d'ici l'année prochaine.

Elles seront en lien avec la Police de sécurité du quotidien (PSQ) - mise en place depuis 2018 dans certains quartiers dits "difficiles" - ainsi que les bailleurs sociaux pour "éloigner plus facilement les trafiquants (...) de l'international à la cage d'escalier".

Christophe Castaner a promis également de "frapper là où ça fait mal: au patrimoine des dealers" en saisissant tous les avoirs issus du trafic. Une plateforme d'appel va aussi bientôt voir le jour afin que "chacun puisse signaler des points de vente." Pour "casser l'image festive de la drogue", le ministre de l'Intérieur a également annoncé une "grande campagne de sensibilisation" à venir.

  • L'amende forfaitaire opérationnelle en 2020

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a ensuite pris la parole afin de signaler que l'amende forfaitaire sanctionnant l'usage de stupéfiants sera "opérationnelle courant 2020", avec une expérimentation qui pourrait débuter dès décembre prochain. 

L'amende forfaitaire délictuelle, votée en novembre dernier, doit permettre de sanctionner l'usage illicite de stupéfiants d'une amende de 200 euros.

Esther Paolini avec AFP