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"C'était fait pour tuer": un gardien de prison raconte l'agression de ses collègues à Borgo

Vendredi dernier, deux gardiens ont été agressés dans la prison de Borgo, en Haute-Corse, par un détenu radicalisé. Un de leurs collègues a vu la scène sur la vidéo surveillance de la prison. Il raconte au micro de BFMTV.

Il est le seul à avoir vu la scène. Installé vendredi dernier au PC sécurité de la prison de Borgo, en Corse, Youcef Zaïd assiste en direct à l’agression violente de deux de ses collègues, sur la vidéo surveillance. Ce jour-là, en plein mouvement national de contestation, deux gardiens de cette prison ont été blessés, dont un touché à la gorge d'un coup de couteau, par un détenu radicalisé.

"Des dizaines de coups de couteau sont portés"

"Je vois un détenu en train d'agresser un collègue dans le bureau. Mon second collègue, lorsqu'il entend les cris du premier, se précipite pour lui donner un coup de main. Le détenu libère alors le premier collègue, et s'attaque au second collègue", se remémore Youcef Zaïd. "A ce moment, le détenu est au-dessus de lui et des dizaines de gestes, des dizaines de coups de couteau sont portés."

Youcef Zaïd travaille depuis cinq ans comme surveillant pénitentiaire à la prison de Borgo. Il décrit une agression extrêmement violente.

"C'était vraiment fait pour tuer. Un détenu qui essaye de blesser un surveillant, c'est deux, trois coups de poing, un ou deux coups de couteau, voilà. Mais quand on veut vraiment tuer, on s'acharne comme ça", estime-t-il.

"On ne sait pas si on va en sortir"

Youcef Zaïd confie sa peur de venir travailler au quotidien, dans un environnement devenant de plus en plus dangereux.

"On sait à quelle heure on rentre en prison, mais on ne sait pas à quelle heure on va en sortir, et si on va en sortir."

La prison du Borgo fonctionne en régime ouvert, les détenus ont le droit de circuler librement. Pour Youcef Zaïd, ce système est inapproprié pour ce genre de détenu radicalisé. "Pourquoi l'administration l'a laissé dans ce système là, au contact d'autres détenus?", interroge-t-il. 

Pour lui, les gardiens de prisons sont en insécurité face aux agressions qu’ils peuvent subir au quotidien. Après une semaine de tension, plusieurs prisons françaises restent touchées ce dimanche par le mouvement de blocage des surveillants, qui promet de s'amplifier lundi après le rejet unanime d'un projet d'accord négocié avec le gouvernement.

A.S. avec Adélaïde Mangin et Igo Sahiri