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Attentat déjoué: Daesh leur avait demandé de "frapper en France"

C'est ce site militaire en bord de mer que les suspects auraient prévu d'attaquer.

C'est ce site militaire en bord de mer que les suspects auraient prévu d'attaquer. - Raymond Roig - AFP

Les trois suspects, âgés de 17, 19 et 23 ans, ont été mis en examen vendredi, du chef d'association de malfaiteurs terroriste criminelle, et placés en détention provisoire, après avoir passé quatre jours en garde à vue.

L'enquête s'accélère dans le dossier sur le projet d'attentat déjoué par les services de renseignement. Un juge d'instruction a mis en examen vendredi, du chef d'association de malfaiteurs terroriste criminelle, les trois suspects, âgés de 17, 19 et 23 ans, qui ont été placés en détention provisoire, après avoir passé quatre jours en garde à vue.

Vendredi matin, le parquet de Paris avait annoncé avoir ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme.

D'après les premiers éléments de l'enquête, Ismaël, 17 ans, Djebril, 23 ans, et Antoine, 19 ans, auraient projeté de commettre un attentat entre décembre et janvier prochain, sur un site militaire à Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales. Djebril avait été guetteur dans un sémaphore (poste de défense maritime, Ndlr) de ce site durant plusieurs mois, avant d'être révoqué après une série d'arrêts maladie, pour troubles d'adaptation au métier.

Selon une source judiciaire, un combattant du groupe État islamique, actuellement en Syrie, aurait poussé Ismaël, surveillé sur le sol français, à "frapper sur place, en France". Leur projet aurait ainsi consisté à se rendre au sémaphore de Béar en pleine nuit, tuer les militaires présents, décapiter le responsable du site, filmer l'ensemble de la scène, et prendre la fuite, a indiqué l'un des suspects en garde à vue.

Ils se sont connus sur Internet

Les trois jeunes hommes se sont connus par Internet et ont tissé des liens jusqu'à d'abord envisager un départ groupé en Syrie pour rejoindre l'Etat islamique, avant de songer à un projet d'attentat, selon une source judiciaire.

L'exploitation de leurs téléphones et de leurs ordinateurs portables a d'ores et déjà permis aux enquêteurs "de révéler des échanges avec la Syrie, la présence de documents sur la confection d'engins explosifs, ou encore des éléments de propagande de Daesh, comme un guide de "bonne conduite" du jihadiste sur le maniement des armes, ou des vidéos d'exactions meurtrières", poursuit la même source.

Signalé en octobre dernier par sa propre mère, Ismaël, décrit comme très actif en matière de propagande sur les réseaux sociaux, avait été convoqué par les services de renseignement pour un entretien administratif. Laissé libre à l'issue de son audition, il avait été placé sous écoute. Une convocation qui l'aurait dissuadé de partir en Syrie et de frapper directement la France.

Alexandra Gonzalez