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Après les violences à Paris, un policier exprime sa colère sur BFMTV

Du côté des forces de l'ordre, les affrontements des derniers week-ends ont laissé des traces et les revendications se multiplient.

Au lendemain des violences qui ont émaillé ce nouveau samedi de manifestations des gilets jaunes, et qui ont fait plusieurs dizaines de blessés parmi les forces de l'ordre, la grogne monte du côté des policiers et des gendarmes mobilisés ces dernières semaines.

Invité sur le plateau de BFMTV, Benoït Barret, secrétaire national adjoint du syndicat Alliance Police, a expliqué que ses "collègues (étaient) usés" par ces derniers jours d'affrontements:

"Aujourd'hui, c'est inacceptable, ce n'est plus une révolte, c'est un coup de gueule. On est au point de rupture. Si les policiers et gendarmes en arrivent là, on fait quoi? Nous sommes le seul syndicat de police a avoir apporté des propositions concrètes. On attend quoi? Il y a une cellule de crise? Je n'ai rien entendu" s'est-il emporté sur le plateau. 

Des policiers à court de munitions

Ont également été évoqués les problèmes logistiques auxquels ont dû fait face les policiers ce 1er décembre. "Est-ce qu'aujourd'hui l'administration va nous dire 'oui je vous assure, dès samedi prochain les flics seront équipés, vous ne serez plus à court de munitions?'"

"Vous vous rendez compte, les collègues doivent eux-mêmes acheter des gilets pare-coups, des gilets tactiques. C'est un scandale, c'est lamentable. Les policiers n'ont pas peur, ils sont inquiets parce que ce sont des pères et des mères de famille. Un collègue me disait que sa femme avait peur qu'il ne revienne pas."

"Cri d'alarme"

Par la suite, Benoït Barret en a également appelé au gouvernement, assurant qu'il était primordial d'entendre les craintes des policiers.

"Aujourd'hui il faut prendre en compte ce cri d'alarme des policiers, il faut prendre en considération un vrai plan de matériel dans la police nationale. Samedi prochain, si on y retourne, on aura encore les mêmes collègues, avec les mêmes casques vieux de dix ans, les mêmes visières qui sont rayées, on est obligés de les lever pour voir ce qu'il se passe. Ça suffit!" 

Pour lui, il s'agit de créer une sorte d'union sacrée autour des forces de police. "Tout le monde dit 'on soutient les policiers', mais qu'on le fasse voir! Si on n'arrive pas à avoir une réponse politique, on va encore envoyer des collèges se faire matraquer la tête? Des collègues qui se font attraper par des gilets jaunes radicaux qui sont capables à se mettre à 10 ou 15 sur un mec?"

"On va quand même pas laisser, tous les weekends, des flics se faire démonter, insulter pour qui au final? Nous sommes les seuls a être garants de la démocratie" a-t-il conclu. 

Hugo Septier