BFM Business

Pour calmer les gilets jaunes, la CFDT veut taxer davantage "les très hauts revenus"

-

- - Bertrand GUAY / AFP

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a estimé dimanche que pour répondre au gilets jaunes, le gouvernement devrait créer une tranche d’impôts supplémentaire pour les plus riches.

La réponse au mouvement des "gilets jaunes" ne passera "sûrement pas par le moratoire" sur la fiscalité des carburants, mais par "une tranche d'impôt supplémentaire sur les très hauts revenus" qui "doivent contribuer davantage", a affirmé dimanche le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

"Le plus grand geste qui pourra être fait, ce n'est sûrement pas le moratoire, même si je comprends qu'en urgence certains voudraient s'y réfugier", a-t-il déclaré lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNews-Les Echos.

"Les gens en ont assez parce que c'est injuste"

"Le plus grand geste c'est au contraire de considérer que les très hauts revenus dans notre pays doivent contribuer davantage", a-t-il ajouté, prônant le rétablissement d'"une tranche d'impôt supplémentaire".

Évoquant la réforme de l'impôt sur la fortune en début de quinquennat, Laurent Berger a regretté que le gouvernement ait pris "dès le départ une mesure d'aide aux foyers les plus riches", alors que "c'est l'inverse qu'il fallait faire". "On assiste depuis un certain nombre d'années au transfert de la fiscalité du capital vers la fiscalité des ménages et les gens en ont assez parce que c'est injuste", a-t-il souligné.

Mais le numéro un de la CFDT ne souhaite pas pour autant revenir sur la hausse programmée des taxes sur les carburants: "Je n'ai pas tellement envie que le signal donné soit qu'on ne s'inscrive pas dans la transition écologique", a-t-il dit.

Il a toutefois demandé que ces taxes "servent pour moitié des projets de transformation sur la production d'énergie, et pour l'autre moitié une compensation pour les ménages les plus modestes et les classes moyennes".

"C'est le pouvoir de vivre qui est en question"

Au-delà de la fiscalité, pour sortir de la crise des "gilets jaunes", il n'y a pas d'autre voie que "d'engager le dialogue sur ce qui provoque ce malaise", a prévenu Laurent Berger. "On parle de pouvoir d'achat, de logement", mais aussi "des services publics" et "c'est le pouvoir de vivre qui est en question aujourd'hui dans notre pays", a-t-il résumé, avant de lancer: "Rentrons dans un Grenelle du pouvoir de vivre".

Le patron de la CFDT a dit attendre du gouvernement "une écoute beaucoup plus forte des revendications qui sont posées par les gilets jaunes mais aussi, depuis des mois, par les organisations syndicales et les associations".

Quant au recours à l'état d'urgence, évoqué samedi soir par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, ce "n'est pas une solution", selon lui. "La première réponse à apporter n'est pas sécuritaire, c'est une réponse de contenu par rapport aux problèmes sociaux. Je ne vois pas en quoi l'état d'urgence règlerait le problème", a-t-il insisté.

Par ailleurs, Laurent Berger n'a pas exigé de revalorisation exceptionnelle du Smic, après que le Premier ministre, Édouard Philippe, a écarté mercredi tout "coup de pouce" au-delà de la revalorisation légale du salaire minimum prévu au 1er janvier. "Il faut plutôt aller vers une négociation dans les branches pour une augmentation des minima conventionnels", a-t-il estimé.

N.G. avec AFP