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Affaire Tariq Ramadan: une ancienne compagne de l'islamologue témoigne

Majda Bernoussi, ancienne compagne de Tariq Ramadan, évoque les "comportements qui sortent du cadre habituel" de l’islamologue, et dit avoir été victime de "violences morales".

"Il est vraiment temps de stopper cet homme, qui est dangereux"; en 2014, déjà, Majda Bernoussi témoignait contre Tariq Ramadan dans une vidéo sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, après trois plaintes pour viol déposées contre lui, la jeune femme raconte l’aventure qu’elle a eue avec l’islamologue, et évoque "des comportements qui sortaient du cadre habituel".

Elle et Tariq Ramadan ont entretenu une relation pendant cinq ans, qu'elle qu’elle qualifie d’épisodique et toxique et qui s’est terminée par un accord financier: 27.000 euros en échange de son silence.

Des violences morales

Lorsqu’elle publie ses accusations sur les réseaux sociaux, il y a quatre ans, Majda Bernoussi se heurte à un mur: "J’ai hurlé jusqu’à m’en décoller la plèvre, et ça n’a raisonné nulle part", raconte celle qui décrit son ancien amant comme un menteur et un manipulateur.

Malgré tout, elle n’a pas porté plainte. Majda Bernoussi n’évoque pas de violences sexuelles:

"Disons qu’il y a eu des comportements qui sortaient du cadre habituel", précise-t-elle. "Il y a surtout eu des violences morales en ce qui me concerne, mentales. Il y a eu une intrusion. Il me disait tout le temps 'Majda, vivre c’est détruire'. Donc il y a quelque chose de l’ordre de la destruction."

Un homme à l'"opposé" de son image médiatique

Pourquoi être restée cinq ans avec Tariq Ramadan? Parce qu’elle était sous emprise, dit la jeune femme qui évoque les deux visages du très médiatique théologien:

"Son éthique, sa morale, sa foi, il les réservent face caméra. Hors champ, c’est juste l’opposé, à un point tel qu’on est sidéré. Pour moi, et je parle en mon nom, Tariq Ramadan ne croit en rien et encore moins en Dieu."

Tariq Ramadan est en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) depuis sa mise en examen au mois de février. Il est visé par trois plaintes pour violsIl a invoqué, sans succès, sa sclérose en plaques pour être libéré. Les avocats du théologien ont déposé une nouvelle demande de libération. Il nie les faits qui lui sont reprochés. 

B.P. avec Cécile Ollivier