BFMTV

Affaire Maëlys: ouverture d'une enquête pour violation du secret de l'instruction

La section de recherche de la gendarmerie de Grenoble est en charge de l'enquête sur la disparition de Maëlys.

La section de recherche de la gendarmerie de Grenoble est en charge de l'enquête sur la disparition de Maëlys. - Jeff Pachoud - AFP

Une enquête préliminaire a été ouverte pour "violation du secret de l'enquête et de l'instruction", par le procureur de la République de Grenoble qui a mis en cause les services de gendarmerie. Des accusations jugées "scandaleuses" par le directeur général de la gendarmerie nationale.

La tension monte entre le parquet de Grenoble et la gendarmerie nationale. Le procureur Jean-Yves Coquillat a ouvert une enquête pour "violation du secret de l'enquête et de l'instruction" en raison des multiples fuites parues dans la presse sur la disparition, il y a près de deux mois, de Maëlys.

"J'ai ouvert vendredi dernier une enquête préliminaire pour violation du secret de l'enquête et de l'instruction, confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et à la Direction interrégionale de police judiciaire de Lyon (DIPJ)", a déclaré à l'AFP le procureur de la République de Grenoble.

L'enquête perturbée

Jean-Yves Coquillat s'est dit excédé de "voir tous les jours dans la presse tous les détails de l'enquête, y compris ceux que le parquet ne connaît pas, des choses qui n'ont pas à être connues" et nuisent à son bon déroulement. Selon lui, "les fuites sont au niveau local et parisien, au niveau de la direction de la gendarmerie, de la Section de recherches et de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale)".

Selon le magistrat, cette procédure est "assez rare" et "c'est la première fois qu'une enquête de ce type n'est pas confiée à l'inspection du service en question", c'est à dire l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). "Si les auteurs sont identifiés, il y aura des sanctions", a averti le procureur.

Des accusations "scandaleuses"

Cette enquête a été ouverte à la suite de la plainte, vendredi, de Me Alain Jakubowicz, le nouvel avocat de Nordahl Lelandais, le suspect numéro 1 dans l'enlèvement de Maëlys, une fillette de presque 9 ans, lors d'un mariage fin août à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Cet ancien militaire de 34 ans, qui nie toute implication, a été mis en examen et écroué, le 3 septembre, pour enlèvement et séquestration.

Jeudi, des informations de presse ont révélé l'existence d'une photographie de mauvaise qualité prise par une caméra de vidéo-surveillance montrant le suspect dans son véhicule. A ses côtés figure une silhouette de petite taille blanche. Lors du mariage, Maëlys portait une robe blanche. Les enquêteurs gardaient ce cliché précieusement et il devait être montré prochainement au suspect. L'effet de surprise est désormais gâché.

Le directeur général de la gendarmerie a réagi avec virulence aux accusations portées à l'encontre de ses services. "Je juge scandaleuses ces accusations péremptoires de la part d'un magistrat", a assuré le général Richard Lizurey, estimant que ses hommes sont "déjà condamnés avant même qu'il y ait enquête". Et d'appuyer: "Mes enquêteurs, jusqu'à preuve du contraire, n'ont pas fait de faute".

S.Z avec AFP