BFMTV

Affaire Grégory: Murielle Bolle fixée mardi sur sa détention

Murielle Bolle est suspectée d'enlèvement dans l'affaire du petit Grégory, décédé en 1984

Murielle Bolle est suspectée d'enlèvement dans l'affaire du petit Grégory, décédé en 1984 - PATRICK HERTZOG / AFP

Murielle Bolle restera-t-elle sous les verrous ou va-t-elle bénéficier, comme les époux Jacob, d'un contrôle judiciaire? La chambre de l'instruction de Dijon décide mardi du sort de ce témoin clé de l'affaire Grégory en 1984, aujourd'hui suspecté d'enlèvement.

Agée de 15 ans à l'époque de l'assassinat du jeune Grégory Villemin, Murielle Bolle a été mise en examen et écrouée à titre conservatoire jeudi. En cause, son témoignage d'il y a 32 ans dans lequel elle accusait Bernard Laroche du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la Vologne. Avant de se rétracter brusquement.

Ce 16 octobre 1984, son beau-frère est-il venu la chercher en voiture à la sortie du collège avant de passer prendre Grégory chez ses parents, comme elle l'avait d'abord raconté aux gendarmes puis au juge Lambert? Ou bien l'a-t-on forcée à le dire, comme elle l'avait affirmé le lendemain - ce qu'elle maintient depuis? Trois décennies après cette volte-face, l'accusation veut démêler le vrai du faux dans les déclarations de Murielle Bolle, alors qu'une analyse scientifique du dossier a permis de déceler de nouvelles incohérences.

Murielle Bolle aurait subi "des violences physiques"

Après avoir relancé le dossier à la mi-juin en mettant en examen Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés de l'avoir séquestré puis tué, les enquêteurs, convaincus d'avoir affaire à un crime "collectif", se concentrent désormais sur les raisons du revirement de l'adolescente. Pour eux, ce n'est pas en garde à vue mais à son retour en famille qu'elle aurait "subi des pressions" après l'inculpation de Laroche.

Que s'est-il donc passé le soir du 5 novembre 1984 ? Le procureur général Jean-Jacques Bosc a évoqué jeudi un "témoignage récent" et "très précis" d'un "parent" qui "a vraiment vu ce qui s'est passé" et "parle de violences physiques" sur la jeune fille. "On fait des vérifications", a-t-il ajouté. Ce témoin, un homme de 54 ans se présentant comme un cousin germain de Murielle Bolle, déclare que celle-ci "a été frappée par plusieurs personnes, elle a pris une sacrée volée".

L'idée n'est pas neuve : des témoins indiquaient depuis longtemps, dans le dossier, que Murielle Bolle aurait été "malmenée", ce soir-là. Mais ce "cousin éloigné" qui s'est exprimé tardivement, après la mise en examen des époux Jacob le 16 juin dernier, ne s'était jusqu'alors jamais manifesté, le dossier mentionnant en revanche d'autres témoins de la scène familiale. 

Me.R. avec AFP