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Affaire Grégory: le point sur les avancées de l'enquête

Le procureur général de la cour d'appel de Dijon s'est exprimé devant la presse pour apporter des précisions dans le cadre de l'enquête sur la mort de Grégory Villemin qui se tourne désormais vers le couple Jacob.

Alors que Marcel et Jacqueline Jacob (grand-oncle et grand-tante de Grégory Villemin) ont été mis en examen et placés en détention provisoire ce vendredi après-midi pour enlèvement et séquestration suivie de la mort de l'enfant, le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Jacques Bosc, s'est exprimé devant la presse pour faire le point sur l'enquête.

"Madame Thuriot, épouse Jacob, et Monsieur Jacob ont été mis en examen pour la qualification d'enlèvement du mineur Grégory Villemin suivi de la mort de l'enfant. La qualification retenue recouvre la réalisation d'un acte collectif", a-t-il indiqué. Avant d'ajouter: "Les deux personnes font l'objet d'une mesure d'incarcération provisoire, qui a été dictée dans le souci d'empêcher une concertation frauduleuse et toute forme de pression entre les protagonistes qui serait de nature à nuire aux investigations."

Les personnes ayant enlevé le petit Grégory assassiné il y a 32 ans sont "les auteurs du crime", a estimé le procureur général. "À l'évidence Grégory a été enlevé du domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu'à sa mort", a ajouté le magistrat.

Aucun alibi

Pour appuyer ses dires, le procureur général a déclaré que le dossier révélait que "s'agissant des trois lettres de 1983, l'une d'entre elle implique Jacqueline Jacob". Et de pointer "l'existence d'un lien indissociable entre les trois lettres anonymes de 1983, le courrier posté le jour du crime et l'enlèvement de l'enfant. Ces éléments forment un tout", affirme-t-il.

"Ce même lien se retrouve entre ces écrits anonymes et les appels téléphoniques anonymes qui ont été passés par 'le corbeau', qui était double, puisque nous savons qu'il y avait un homme et une femme. [...] Par ailleurs, s'agissant de ce couple, il s'avère que la localisation des auteurs de ces nombreux appels téléphoniques antérieurs au crime n'a jamais été contredite par un quelconque alibi de leur part ou par une quelconque impossibilité matérielle de les passer", a affirmé le procureur. 

Des zones d’ombres restent toutefois à éclaircir et aucune certitude ne peut pour l’heure être avancée. "Nous ne savons pas en l’état actuel du dossier de quelle façon est mort Grégory", a expliqué Jean-Jacques Bosc. "Je ne peux pas donner l’auteur du crime, je recherche les personnes qui ont concouru à l’enlèvement".

Des "déclarations peu crédibles"

Le magistrat a néanmoins a précisé que "Marcel Jacob dissimule contre l'évidence ses antagonismes parfois violents avec les parents de Grégory, ce qui rend ses déclarations peu crédibles". Et le procureur d'évoquer une altercation entre Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, et Marcel Jacob en décembre 1982 au cours de laquelle ce dernier aurait déclaré "Je ne sers pas la main d'un chef", le mot "chef", se retrouvant dans un certain nombre d'écrits anonymes.

Le commandant des gendarmes qui mènent l'enquête a pour sa part expliqué ne pas pouvoir "promettre que nous allons déboucher". "Ce que je peux dire, c'est que nous avons avancé significativement" dans l'enquête, a toutefois déclaré devant la presse Dominique Lambert, commandant de la Section de recherches de Dijon qui dirige l'enquête. "Il reste encore énormément de travail à accomplir", a-t-il enfin assuré. 

P.L avec AFP