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Affaire des écoutes: une décision cruciale pour Nicolas Sarkozy ce jeudi

Une affaire judiciaire visant Nicolas Sarkozy peut s'écrouler ce jeudi.

Une affaire judiciaire visant Nicolas Sarkozy peut s'écrouler ce jeudi. - Jean-Christophe Magnenet - AFP

La cour d'appel de Paris va décider ce jeudi si les juges peuvent, oui ou non, exploiter les conversations enregistrées entre Nicolas Sarkozy sous son pseudonyme "Paul Bismuth", et son avocat Me Maurice Herzog. En cas de réponse négative, la mise en examen pour corruption visant l'ex-président de la République pourrait s'effondrer.

Les juges pourront-ils exploiter les conversations entre Nicolas Sarkozy, alias Paul Bismuth, et son avocat? Si la cour d'appel de Paris répond ce jeudi matin par la négative, le dossier qui vaut une mise en examen pour corruption à l'ex-chef de l'Etat s'écroulera. 

Dans l'hypothèse où la procédure devait, au contraire, être validée, l'enquête, gelée depuis l'automne, reprendrait avec le risque persistant d'un infamant renvoi en correctionnelle pour celui qui apparaît désireux d'obtenir une revanche sur François Hollande en 2017.

Redevenu depuis chef de l'opposition, il est soupçonné d'avoir en 2014 "sollicité l'influence" du haut magistrat Gilbert Azibert par l'intermédiaire de son avocat Thierry Herzog, "pour tenter d'influer sur une décision" de la Cour de cassation le concernant dans l'affaire Bettencourt, résume une source proche de l'enquête. "Ou, à tout le moins, pour tenter d'obtenir des informations confidentielles", poursuit cette source.

"Une insulte à son intelligence" 

En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d'intervenir pour que le magistrat obtienne un poste de prestige à Monaco. Au final, l'ex-président n'a pas obtenu gain de cause, ni Gilbert Azibert le poste convoité. 

Cette thèse des enquêteurs est "une insulte à (son) intelligence", s'était indigné Nicolas Sarkozy qui avait vu dans son placement en garde à vue en juillet 2014, mesure inédite pour un ex-président, une "volonté de (l')humilier publiquement".

Le dossier se nourrit essentiellement de ses conversations avec Me Herzog. L'ex-président avait initialement été placé sur écoute dans l'enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de 2007. 

Un contenu gênant pour Nicolas Sarkozy

Ces échanges entre Nicolas Sarkozy et son avocat "ne suscitent pas d'interrogations quant à leur volonté et leurs attentes", estime une source proche de l'enquête. Leur contenu paraît en effet gênant pour Nicolas Sarkozy.

"Moi, je le fais monter!", dit-il ainsi le 5 février 2014 à Me Thierry Herzog à propos de Gilbert Azibert. "Je l'aiderai", insiste-t-il, s'exprimant depuis un portable fourni par son avocat et souscrit au nom d'emprunt de Paul Bismuth. 

Le 11, dans une conversation sur leurs portables non officiels, les deux hommes conviennent de se rappeler sur la ligne officielle de Nicolas Sarkozy, qu'ils savent surveillée. L'ex-chef de l'Etat ironise alors sur "ces messieurs qui nous écoutent".

La cour d'appel de Paris doit trancher sur la possibilité d'exploitation de ces écoutes ce jeudi matin à 9 heures.

Jé. M. avec AFP