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Nicolas Sarkozy mis en examen pour corruption et trafic d'influence

Nicolas Sarkozy, mercredi, peu après sa mise en examen, quitte en voiture le pôle financier du TGI de Paris.

Nicolas Sarkozy, mercredi, peu après sa mise en examen, quitte en voiture le pôle financier du TGI de Paris. - -

L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi pour corruption active, trafic d'influence et recel de violation du secret professionnel.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi notamment pour corruption et trafic d'influence actifs, une mesure spectaculaire au moment où son retour politique est dans tous les esprits. La corruption et le trafic d'influence sont des délits passibles de peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison.

L'ex-président était arrivé mardi peu avant 8 heures à la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre, non loin de son ancien fief de Neuilly-sur-Seine. Après environ 15 heures de garde à vue dans les locaux de l'office anti-corruption - une première pour un ancien chef de l'Etat -, il a été conduit au pôle financier du TGI de Paris pour y être présenté aux deux juges.

Celles-ci l'ont mis en examen pour recel de violation du secret professionnel, corruption et trafic d'influence actifs, a précisé le parquet. Il n'est pas soumis à un contrôle judiciaire. Avant de recevoir l'ancien président, les juges d'instruction avaient déjà mis en examen dans la soirée son avocat historique, Me Thierry Herzog, et le haut magistrat Gilbert Azibert.

Pourquoi est-il dans le viseur de la justice?

Les juges d'instruction cherchent à établir si l'ancien chef de l'Etat a essayé d'obtenir des informations couvertes par le secret auprès de Gilbert Azibert au sujet d'une décision de justice le concernant, en échange de la promesse d'une intervention pour un poste de prestige à Monaco.

La Cour de cassation devait à cette époque-là se prononcer sur la saisie dans l'affaire Bettencourt des agendas de Nicolas Sarkozy, susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur d'autres dossiers. Dans le dossier Bettencourt, Nicolas Sarkozy avait été mis en examen avant de bénéficier d'un non-lieu.

A l'origine de l'affaire qui vaut ces nouveaux déboires à Nicolas Sarkozy, son placement sur écoutes en septembre 2013 dans l'enquête sur les accusations, pour l'heure non étayées, d'un financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne victorieuse de 2007.

Pourra-t-il revenir en politique?

Ces développements judiciaires interviennent au moment où les rumeurs sur sa volonté de prendre à l'automne la tête de l'UMP se font de plus en plus précises. Si quelques sarkozystes avaient dénoncé dans la journée son placement en garde à vue, aucun ténor de droite n'est monté au créneau pour le défendre.

Plusieurs sources à l'UMP soutenaient qu'il reviendrait "dans la première quinzaine de septembre", époque à laquelle il devrait annoncer sa candidature à la présidence de l'UMP. "Cela ne change rien au calendrier de la rentrée", disait encore mardi un sarkozyste.

Pour d'autres cependant, "l'ardoise commence à peser". Le fait que son nom soit cité dans plusieurs affaires (arbitrage Tapie, sondages de l'Elysée, accusations de financement libyen...), peut se révéler embarrassant pour qui aspire à redevenir président.

A. G. avec AFP