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Affaire Bygmalion: Lavrilleux mis en examen pour abus de confiance

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy.

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. - AFP

L'ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, après une audition au pôle financier qui a duré près de six heures.

Jérôme Lavrilleux, personnage central de l'affaire Bygmalion et cheville ouvrière des meetings de Nicolas Sarkozy en 2012, a été mis en examen lundi par les juges d'instruction, dans l'enquête sur des fausses factures durant la campagne présidentielle. Celui qui a contribué à révéler le scandale, il y a un an, lors d'une mémorable confession télévisée sur BFMTV, a subi le même sort que dix autres dirigeants de la campagne, ex-cadres de l'UMP ou de Bygmalion, la société prestataire des meetings politiques.

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen pour usage de faux, recel d'abus de confiance, complicité d'escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale, a indiqué une source judiciaire. "J'ai été mis en examen sans aucune surprise puisque j'étais convoqué en vue d'une mise en examen", a lancé aux journalistes le député européen à sa sortie du pôle financier de Paris, précisant que son audition avait duré six heures.

"Un train qui file à toute vitesse"

Le 26 mai 2014, Jérôme Lavrilleux était sorti de l'ombre pour révéler, à la suite de l'avocat de Bygmalion, le recours à un système de fausses factures. Mis en place dans un but: imputer des dépenses à l'UMP pour les sortir du budget officiel de la campagne, afin qu'il reste dans les limites autorisées (22,5 millions d'euros) et ne soit pas rejeté, ce qui a quand même été le cas.

Sur le plateau de BFMTV, la gorge nouée, il avait concédé "un dérapage sur le nombre" de meetings, parlant d'"un train qui filait à toute vitesse". Une confession en forme de contre-attaque, car à l'époque les regards se tournaient vers celui dont il était le bras droit, le patron de l'UMP Jean-François Copé, accusé d'avoir favorisé Bygmalion, la société de communication fondée par ses proches.

Un an plus tard, les enquêteurs estiment que les fausses factures, imputées à l'UMP au titre d'événements fictifs alors qu'elles correspondaient à des meetings de la campagne, s'élèvent à la somme colossale de 18,5 millions d'euros. A ce stade, l'ancien patron de l'UMP Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy n'ont pas été entendus.