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France 3: les attentats de Paris vus du "coeur du pouvoir"

François Hollande dans son bureau à l'Elysée

François Hollande dans son bureau à l'Elysée - FTV

La chaîne diffusera lundi soir le documentaire Attentats: au coeur du pouvoir qui retracera la façon dont l'exécutif a géré les attaques terroristes qui ont frappé la France en 2015, de Charlie-Hebdo aux attentats du 13 novembre à Paris.

La confrontation à "l'horreur" comme la gestion des conséquences politiques: le documentaire événement Attentats: au coeur du pouvoir, diffusé ce lundi 4 janvier à 20H55 sur France 3, examine la gestion par l'exécutif des attaques de 2015 en donnant la parole aux protagonistes, notamment au trio Hollande-Valls-Cazeneuve.

"De l'extérieur, on avait l'impression d'une fluidité, on ne s'est jamais dit que la guerre civile menaçait, mais quand tu parles avec les responsables de l'État, pendant ces deux crises, tous ont eu peur d'un chaos, d'actes de vengeance, que les choses leur échappent", explique le réalisateur Antoine Vitkine.

"Les minutes les plus longues de ma vie"

"Ce sont les minutes les plus longues de ma vie", confie François Hollande à propos de l'assaut sur l'Hyper Cacher. Il en ignore encore le bilan. La manifestation du 11 janvier consacre son rôle de chef d'Etat. Mais le 13 novembre au soir, c'est un président "sonné" qui retrouve place Beauvau le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, rivé à son téléphone.

Manuel Valls sort une note qu'il avait fait rédiger après janvier, dans l'hypothèse où un attentat "multi-sites" frapperait la France: elle prévoit la fermeture des frontières et l'instauration de l'état d'urgence. Le président hésite, consulte le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, un proche qui approuve la mesure. Hollande l'annonce dans une allocution télévisée où affleure son émotion: "C'est une horreur", dit-il.

La rue Oberkampf: "un champ de guerre"

Pendant ce temps, devant le Bataclan, le procureur de la République à Paris assiste lui aussi à des "scènes d'horreur": des grappes de rescapés "hagards" sortent de la salle de concert, certains grièvement blessés. A 01H20, l'assaut terminé, l'exécutif se rend sur les lieux.

"Nous arrivons dans ce qui est un champ de guerre. Je n'oublierai jamais la remontée à pied de la rue Oberkampf puisque dans presque tous les halls d'immeuble on soigne les blessés", témoigne Manuel Valls. Après le 13 novembre, le pouvoir sait qu'on lui demandera des comptes. La réponse se doit d'être à la hauteur: ce sera le Congrès, sur une idée originale de Valls et Cazeneuve.

"La France est en guerre"

"La France est en guerre", déclare le président. Comme en janvier, la "mise en mots des événements est cruciale", estime Antoine Vitkine. Comme l'est la communication à l'heure des chaînes d'info en continu: l'exécutif l'a bien compris, qui sature l'espace médiatique. Pour montrer que l'État est présent, mais aussi délivrer un message d'unité, élaborer le "récit national". 

"Ce qui m'apparaît, c'est que le terrorisme est d'abord un acte politique et un défi au pouvoir qui appelle une réponse. Et de la réponse apportée par le pouvoir dérive le récit national et la réaction du pays", commente le réalisateur. L'épisode du Congrès démontre l'habilité politique d'un François Hollande qui convoque la veille à l'Élysée les chefs de parti, les écoute, tel un "Sphinx", exposer leurs reproches et propositions, sans rien dévoiler de ses intentions.

"Les Français doivent apprendre à vire avec le terrorisme"

On apprend qu'il réserve à Marine Le Pen la primeur d'une information: la France s'apprête à frapper en Syrie. Et que Jean-Christophe Cambadélis s'est rallié à la déchéance de nationalité par pur calcul politique: c'était le prix de l'unité nationale.

Au-delà des manoeuvres politiques, la leçon de cette année 2015 c'est que "le pouvoir peut, au moment où la politique est si décriée pour son impuissance". Cependant, comme le reconnaît le Premier ministre, "il peut y avoir une prochaine fois. Les Français doivent apprendre à vivre avec le terrorisme". Et dans ce cas, la question, c'est: "Qu'est-ce que vous faites la prochaine fois?", interroge le réalisateur.

F.M. avec AFP