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Le rappeur Disiz: "Jamais je n'ai glamourisé la violence"

Le rappeur Disiz, en juin 2014.

Le rappeur Disiz, en juin 2014. - Lionel Bonaventure - AFP

Disiz reprend sa tournée, interrompue par les attentats du 13 novembre, et évoque la scène, la violence et l'écriture.

Le rappeur Disiz sera sur scène ce vendredi, à l'Aéronef de Lille, après avoir reporté des concerts en raison des attentats du 13 novembre. Interviewé par le site web de France Inter ce jeudi, il évoque la scène, la violence et l'écriture, cite Tolstoï et l'abbé Pierre. 

Sur le fait de remonter sur scène après les attentats, Disiz confie: "Le contexte des événements du 13 novembre, le fait qu'un concert a été visé, que la date a été annulée, que je n'ai pas joué entre temps et que comme beaucoup j'ai été KO par tout ça et qu'il y a une sorte de trauma qui a installé une espèce de léthargie, tout ça amplifie la particularité de cette date".

"Je n'ai plus envie de parler et ne veux m'exprimer qu'en musique"

A l'évocation d'une vidéo, récemment exhumée, et dans laquelle il demandait au public du Bataclan s'il y a des kamikaze dans la salle, le rappeur souligne qu'il est "bien facile de ressortir des vidéos hors contexte". "On sort la vidéo du rappeur méchant quand il parle de kamikaze, mais pas du rappeur écrivain qui traite avant d'autres de sujets avec une perspicacité quasi 'médiumnique'", plaide Disiz, qui a publié en 2012, René, un roman d'anticipation dans "une France post guerre civile". Kamikaze est le titre d'un de ses morceaux sorti en 2014, dans lequel il parle de "l'abrutissement du travail, des conditions de vie, du système".

Mais, il se défend: "Je n'ai jamais été pousse-au-crime, jamais je n'ai glamourisé la violence comme d'autres le font. Jamais". "Rompu à tous ces flashback", il assure ne plus avoir "envie de parler" et ne veut s'exprimer "qu'en musique". Seule pour lui compte la "communion" sur scène avec son public. Disiz est actuellement en tournée dans toute la France, avec son album Rap Machine

M. R.