BFMTV

Thierry Lhermitte de retour dans La Finale: "Les films avec le Splendid sont mes plus beaux souvenirs"

Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti dans La Finale

Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti dans La Finale - UGC Distribution

Lors du dernier festival de l'Alpe d'Huez, le comédien a reçu le prix de l'interprétation masculine pour son rôle dans La Finale, en salles ce mercredi 21 mars.

Les Bronzés, Le Dîner de cons, Un Indien dans la ville, Les Ripoux… Interviewer Thierry Lhermitte, c’est avoir le privilège d’échanger avec un des comédiens les plus populaires du cinéma français. Un mythe parfois intimidant, tant l’acteur a la réputation d’être peu disert en interview. Au téléphone, c'est pourtant tout le contraire qui se produit. Le comédien se révèle charmant, accessible et volubile.

Pour BFMTV.com, il évoque aussi bien son nouveau film, La Finale, que ses classiques et son goût immodéré pour les comédies régressives de Sacha Baron Cohen. Thierry Lhermitte a de quoi être heureux. Avec La Finale, il décroche à 65 ans un de ses plus beaux rôles. Le jury du 21e Festival de l'Alpe d'Huez ne s’y est pas trompé en lui remettant le prix d'interprétation masculine pour son rôle de Roland, un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer.

Thierry Lhermitte est d'ailleurs de si bonne humeur qu’il commence l'interview en rejouant le film. Au lien de répondre à la première question, le comédien taquin lance d’un air sérieux: "Allo, c’est qui?". Trente secondes s'écoulent pendant lesquelles l'auteur de ces lignes pense que sa question a mal été posée. Le célèbre rire de Thierry Lhermitte vient rapidement dissiper tout sentiment de gêne. La glace est brisée, l'interview peut commencer.

"C'est chiant cette maladie"

Le plus frappant dans La Finale sont les yeux de Thierry Lhermitte. Ils traduisent parfaitement la perte de repères que cause la maladie d’Alzheimer. Dans certaines scènes, le spectateur a l'impression que Thierry Lhermitte est réellement en train de perdre la mémoire. Quand on l'interroge sur sa méthode de travail, le comédien répond du tac au tac: "J’ai rencontré le père d’un ami qui est atteint de la maladie d’Alzheimer".

Il ajoute, plus modestement: "Je récite dans mon salon une ou deux fois par jour le scénario. Quand j’arrive sur le tournage, je l’ai lu une centaine de fois et les répliques viennent naturellement". Il fait pause et reprend, de sa belle voix grave: "Vous savez, les textes les plus difficiles à jouer sont ceux qui sont le plus mal écrit. Ici, ce n’était pas le cas. Le scénario est drôle, touchant".

A l’écran, Thierry Lhermitte ne lâche rien et réussit à maintenir tout au long du film la même tonalité de jeu. Ce jeu d'équilibriste est d'autant plus impressionnant que le scénario impose à son personnage des moments de lucidité. En écoutant une chanson italienne, Roland se souvient par exemple de sa défunte épouse. Dans une autre scène, très forte, le personnage lâche: "C’est chiant cette maladie". Dans ces instants, l'acteur impressionne par sa tenue et sa justesse.

Rayane Bensetti et Thierry Lhermitte dans La Finale.
Rayane Bensetti et Thierry Lhermitte dans La Finale. © Copyright UGC Distribution

"Je ne connaissais pas du tout Rayane Bensetti"

Plus que sa méthode de travail, l’acteur préfère cependant évoquer le talent de son partenaire à l’écran, Rayane Bensetti, la star de Pep’s et de Clem. L'alchimie entre les deux a été immédiate sur le plateau:

"Je ne le connaissais pas du tout. Je n’avais pas vu les films ou les séries dans lesquels il avait joué. On s’est rencontré lors de la première lecture du scénario. Il était super vrai. On s’est tout de suite très bien entendu", raconte la star des Bronzés, avant de glisser: "Il baissait même la musique dans sa loge quand je faisais la sieste".

Si La Finale parle d’Alzheimer, le nom de la maladie n’apparaît qu’à deux reprises dans le film. C’est avant tout l'histoire d'un grand-père et de son petit-fils, une comédie sur la transmission, le respect et l’importance du sport. C’est enfin un film où Thierry Lhermitte porte ses lunettes autour de son cou avec une corde. "C’est une idée de la costumière", précise le comédien, avant d'ajouter qu’il a lui-même porté ses lunettes de cette manière-là dans sa vie privée: "Ma femme m’a dit que ça ne m’allait pas du tout", rigole-t-il.

Du tournage, Thierry Lhermitte se souvient des improvisations avec Rayane Bensetti, mais aussi de la chaleur. "C’était la canicule", souffle-t-il. "Il faisait extrêmement chaud dans la maison où l’on est au début du film. C’était difficile de jouer dans ces conditions: le maquillage coulait". Autre détail amusant: on découvre au cours du film des photos de Thierry Lhermitte avec Guy Roux, Thierry Roland, Michael Jordan. De vraies photos? Les a-t-il conservées? "Non, rit l’immortel Pierre Brochant du Dîner de cons. Ce sont des photos de famille qui ont été photoshopées. Mais c’est vrai ce que vous dites, j’aurais dû les garder avec moi!".

"Je me roule par terre à chaque fois que je vois Borat"

Dans La Finale, Roland pense être en 1998 et attend avec impatience le match France-Brésil. On demande à l’acteur s’il se souvient du fameux 12 juillet 1998: "Bien sûr", nous répond-il. "J’ai regardé le match chez moi avec un ami. Les fenêtres étaient grandes ouvertes. On entendait la clameur dans les rues. Je ne suis pas le foot, mais je me souviens que j’ai été content. C’était un bon moment".

De 1998, passons aux années 1970. Thierry Lhermitte nous parle avec émotion de ses compères du Spendid: "Les films avec le Splendid, ce sont mes plus beaux souvenirs. On rigolait sans arrêt". Après avoir conquis le box-office avec Les Bronzés, Les Ripoux, Papy fait de la résistance ou encore Le Père Noël est une ordure, Thierry Lhermitte est devenu producteur dans les années 1990 avec Un Indien dans la ville et Le Prince du Pacifique. Lorsque ce film, très ambitieux, n'a pas rencontré le succès estimé, il a préféré redevenir "un acteur à louer".

Désormais, l’écriture lui manque et il envisage d’y revenir. On le sait fan de Sacha Baron Cohen. Pourrait-il écrire une comédie dans la veine de Borat, de Brüno ou du Dictateur? Non, répond-il, tout en louant l'humoriste britannique: "Je me roule par terre à chaque fois que je vois ses films. C’est d’une telle liberté. Il se permet tout". Au début de La Finale, Roland, son personnage, lance: "La retraite, ça risque pas. Plutôt crever". Y pense-t-il? "Mais je suis à la retraite", dit-il en souriant. "J’ai cotisé tout ma vie!" Thierry Lhermitte n’a pas encore choisi son prochain film. Il a tout le temps du monde. A 65 ans, il est au sommet de son art.

Jérôme Lachasse