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Sur Netflix, la deuxième vie de "Problemos", le film prophétique d'Eric Judor sur la pandémie

Blanche Gardin, Eric Judor et Claire Chust dans "Problemos"

Blanche Gardin, Eric Judor et Claire Chust dans "Problemos" - Copyright Serge Blondeau

La comédie signée Eric Judor sortie en catimini en 2017 rencontre enfin le succès depuis le début de la pandémie. Sa récente arrivée sur Netflix va-t-elle lui permettre de devenir culte?

En 2017, seuls 192.000 spectateurs avaient vu Problemos, comédie de et avec Eric Judor sur des zadistes confrontés à une pandémie. Depuis l'arrivée du Covid-19, et surtout sa mise en ligne sur Netflix la semaine dernière, le film a pu être redécouvert par un nouveau public qui le plébiscite désormais.

Problemos a ainsi rejoint le top 10 de la plateforme de streaming. "Il est temps que Problemos devienne culte!", s'enthousiasmait ce matin la journaliste Dorothée Barba dans une chronique sur France Inter. "Je me dis que si un jour on sort de cette crise sanitaire, si un jour on peut parler du coronavirus au passé, alors il faudra revoir ce film pour se dire qu’on s’en est très bien sorti, finalement." Pour Eric Judor, ce succès à retardement est doux-amer, comme il nous l'avait confié l'année dernière, alors que le film prenait une nouvelle dimension avec l'arrivée du coronavirus:

"Ce serait bien qu'on prenne vachement plus au sérieux mon humour maintenant! Quand on a écrit Problemos [avec Blanche Gardin et Noé Debré, NDLR], on ne s'est jamais dit que c'était quelque chose que l'on pourrait vivre un jour. Et surtout si vite. En tant qu'humoriste, ça m'amuse un peu de voir que des extraits de films correspondent exactement à une réalité totalement inattendue."

Problemos raconte l'histoire d'un groupe de zadistes, qui se découvrent seuls survivants d'une pandémie. Dans une scène désormais culte Maéva, une jeune femme accro aux réseaux sociaux et à la téléréalité (Claire Chust), apprend l'existence de cette crise:

"C'est le seum sur Twitter. Ceux qui restent ne font que parler de 'pain de mie'. Ça me fait chier, tu vois? 'Pain de mie chimique', 'pain de mie chimique'... et regarde comment ils écrivent 'pain de mie'! Ils ne font même plus d'efforts d'orthographe sur Twitter". 

Et Victor, joué par Eric Judor, de lui répondre: "Attends, c'est pas 'pain de mie', mais 'pandémie'! C'est une putain de pandémie! En fait t'es débile toi?!"

"Mon métier prend tout son sens"

Eric Judor se réjouit du rôle que joue désormais son film: "Ça me ramène à l'origine de mes envies de faire ce métier avec Ramzy. C'était de détendre les gens dans des moments difficiles: les gens qui sont dans les hôpitaux, les gens qui souffrent parce qu'ils sont seuls, etc. Là, on réunit tout le monde. On fait rire sur ces sujets qui parlent à tous et que tout le monde dramatise - et moi le premier. Mon métier prend tout son sens."

Eric Judor n'a-t-il pas peur de se remettre à écrire et de voir se réaliser ses prédictions? "Ça me flipper pour l'écriture de mon prochain film, évidemment! J'ai clairement une responsabilité civile! Ce que je vais écrire risque de changer les choses", dit-il en riant. "Vu que mon prochain projet, une série qui s'appelle Distant Reality, suit le premier groupe de civils sur Mars - et que ça va mal se passer - il faut peut-être que j'écrive une happy end."

https://twitter.com/J_Lachasse Jérôme Lachasse Journaliste BFMTV