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Eric Judor visionnaire sur le coronavirus avec Seuls Two et Problemos? "J'ai clairement une responsabilité civile"

Eric Judor dans Seuls Two (2008)

Eric Judor dans Seuls Two (2008) - Gaumont

L'acteur et réalisateur réagit sur BFMTV.com aux images devenues virales de Seuls Two et Problemos, deux films qui montrent respectivement Paris vide et un groupe de survivants d'une pandémie.

Eric Judor visionnaire? Depuis le début de la pandémie de coronavirus, les internautes relaient, à la fois pour se consoler du confinement total et pour se détendre, des images de la série hospitalière H (1998-2002) ou encore de Seuls Two (2008) et Problemos (2017). 

Contacté par BFMTV.com, Eric Judor trouve cette situation "drôle et triste en même temps".

"J'ai des parents, des amis qui sont âgés. J'ai des gens dans mon entourage qui sont à risque. Ça m'amuse à moitié, mais c'est quand même incroyable de voir les images de Seuls Two, de voir Paris totalement vide et puis exactement les mêmes images [au JT]. Et en plus j'ai un gilet jaune dans le film! (rires) Si on veut tout raccorder, on peut tout raccorder! C'est rigolo."

"Pain de mie chimique, pain de mie chimique"

Seuls Two plonge Eric et Ramzy dans un Paris déserté par ses habitants. Des Champs Elysées au Zoo de Vincennes, le duo joue au chat et à la souris. Les scènes de cette comédie hilarante résonnent désormais différemment, alors que les Français sont confinés et les rues de la capitale quasi vides.

Problemos met en scène un groupe de zadistes, seuls survivants d'une pandémie. Une scène désormais culte montre Maéva, une jeune femme délurée et pas très futée (Claire Chust), découvrir l'existence de cette crise:

"C'est le seum sur Twitter. Ceux qui restent ne font que parler de 'pain de mie'. Ça me fait chier, tu vois? 'Pain de mie chimique', 'pain de mie chimique'... et regarde comment ils écrivent 'pain de mie'! Ils ne font même plus d'efforts d'orthographe sur Twitter", dit-il. 

Et Victor, joué par Eric Judor, de lui répondre: "Attends, c'est pas 'pain de mie', mais 'pandémie'! C'est une putain de pandémie! En fait t'es débile toi?!"

"Avec Ramzy, on s'appelle tous les jours!"

Eric Judor a vu ces derniers jours la situation s'accélérer autour de lui: "Je vais me mettre dans la catégorie des Maéva", s'amuse-t-il en citant son personnage de Problemos qui confond "pain de mie" et "pandémie". "Pendant très longtemps, on a tous été très insouciants. Il suffisait de regarder les parcs de Paris dimanche. C'était ahurissant d'insouciance et de 'maévisme'." Lui n'est pas sorti: "J'ai 50 ans", rappelle-t-il. "On a été un peu plus précautionneux, mais je n'étais pas alarmiste. Chaque jour qui passe nous crispe un peu plus tous." Confiné loin de Ramzy, Eric survit malgré tout: "On s'appelle tous les jours! C'est ma femme pour la vie Ramzy!"

Concernant Seuls Two et Problemos, deux comédies ambitieuses qui n'ont rencontré le succès escompté lors de leur sortie, il ajoute, malicieusement: "Ce serait bien qu'on prenne vachement plus au sérieux mon humour maintenant! Quand on a écrit Problemos [avec Blanche Gardin et Noé Debré, NDLR], on ne s'est jamais dit que c'était quelque chose que l'on pourrait vivre un jour. Et surtout si vite. En tant qu'humoriste, ça m'amuse un peu de voir que des extraits de films correspondent exactement à une réalité totalement inattendue."

"Mon métier prend tout son sens"

Partager ces extraits est aussi une manière de se faire du bien dans une période de crise. Et pour Eric Judor de revenir aux sources de sa vocation: "Ça me ramène à l'origine de mes envies de faire ce métier avec Ramzy. C'était de détendre les gens dans des moments difficiles: les gens qui sont dans les hôpitaux, les gens qui souffrent parce qu'ils sont seuls, etc. Là, on réunit tout le monde. On fait rire sur ces sujets qui parlent à tous et que tout le monde dramatise - et moi le premier. Mon métier prend tout son sens. Ces deux projets prennent tout leur sens." Et l'humoriste d'ajouter en riant: "Est-ce que je n'ai pas été amené sur terre avec Ramzy pour dédramatiser les moments les plus dramatiques?"

Eric Judor craint-il ses visions? "Ça me flipper pour l'écriture de mon prochain film, évidemment! J'ai clairement une responsabilité civile! Ce que je vais écrire risque de changer les choses", ajoute-t-il en riant. "Vu que mon prochain projet, une série qui s'appelle Distant Reality, suit le premier groupe de civils sur Mars - et que ça va mal se passer - il faut peut-être que j'écrive une happy end."

L'humoriste, qui doit s'occuper aussi de ses enfants, va essayer dans cette optique de se réserver du temps pour écrire et surtout "faire vivre ses visions", rigole-t-il: "Je vous rappelle demain matin après cette nuit et je vous dis quelles visions me sont apparues et après on le met dans le journal non comme des rêves, mais comme des faits! Je ne peux pas le révéler maintenant, parce qu'on va me piquer l'idée, mais il y a un truc qui m'est arrivé pendant mes visions d'écriture qui fait que je pense vraiment qu'il va se passer des choses sur les flux d'énergie. Je ne peux pas en dire plus..."

Jérôme Lachasse