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RER B: Alstom s'apprête à renoncer au contrat des nouveaux trains, colère de Pécresse et des usagers

Le RER de nouvelle génération (photo d'illustration).

Le RER de nouvelle génération (photo d'illustration). - Ile-de-France Mobilites-Alstom-Bombardier

Les nouveaux trains du RER B attendus pour 2025 pourront-ils voir le jour? L'entreprise Alstom s'apprête à renoncer au contrat estimant que ce dernier n'est pas "viable".

Les nouveaux trains du RER B se font désirer et les usagers n'en peuvent plus... Mais la situation ne devrait pas s'améliorer ces prochains mois.

Car selon les informations du Parisien, le groupe Alstom s'apprête à renoncer au contrat de renouvellement des RER B. "Sauf un miracle, nous allons prendre la décision de ne pas l'exécuter", indique l'entreprise ferroviaire au quotidien.

Lancé en 2018, ce contrat de 2,5 milliards d’euros prévoit l'achat de 146 nouveaux trains plus modernes, financés par Île-de-France Mobilité. Ceux-ci devaient initialement être déployés dès 2025 en Île-de-France pour améliorer le quotidien du million de voyageurs qui empruntent la ligne tous les jours. Une date qui pourrait bien être reportée compte tenu de ce nouveau rebondissement.

Bombardier gagne... mais est racheté par Alstom

Depuis plusieurs semaines déjà, Alstom multiplie les recours, retardant l'attribution, puis la signature du contrat. Finalement mi-janvier, c'est le consortium Bombardier-CAF qui est choisi par Île-de-France Mobilités, la RATP et la SNCF pour honorer le contrat.

Mais depuis le 29 janvier, le canadien Bombardier appartient désormais à Alstom. Cette acquisition change la donne, Alstom estime que le contrat signé par le groupe canadien n'est pas viable d'un point de vue technique et financier. "Nous n'avions pas accès à l'offre de Bombardier avant vendredi soir. Mais maintenant que nous l'avons vue, nous savons qu'ils ont fait une offre déraisonnable", argue Alstom dans Le Parisien.

Ce mardi, la RATP et la SNCF ont indiqué avoir refusé la médiation demandée par Alstom pour discuter du contrat.

Valérie Pécresse monte au créneau

La présidente de la région Île-de-France a réagi dans un communiqué et appelle le géant du ferroviaire à "tenir sa parole". "L'entreprise s'est engagée dans le cadre de sa fusion avec Bombardier à ce que celle-ci n'ait aucun impact sur les appels d'offres en cours", rappelle Valérie Pécresse.

"L'Union Européenne a d'ailleurs approuvé l'acquisition de Bombardier par Alstom considérant qu'elle n'entraînerait pas une position dominante" continue la présidente de région.

Cette dernière souhaite que "la commande soit passée sans délai, il serait inacceptable qu'un groupe industriel prenne en otage ses clients et des centaines de milliers de franciliens."

"Honte absolue"

Les usagers déjà très éprouvés ces derniers mois par les pannes à répétition et l'usage des rames ont réagi à ce sujet. "La gouvernance du RER B : une faillite institutionnelle, juridique et managériale. La pire ligne d'IDF est incapable de remplacer wagons de plus de 40 ans" s'indigne l'association "RER B St-Rémy" sur Twitter.

Une "honte absolue" abonde l'association "Plus de Trains". "Nous avons affaire à des margoulins qui ne respectent pas leurs engagements. Ils perdront en justice mais ce n'est pas ça qui nous permettra d’avoir des trains à la date promise."

Ce nouveau rebondissement devrait retarder de plusieurs années l'arrivée des nouvelles rames du RER B.

Alicia Foricher