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En Île-de-France, le nombre de tests réalisés chute malgré les campagnes de dépistage

Au 26 avril, 85.026 personnes avaient fait l'objet d'un prélèvement dans la région, contre 164.000 au mois de mars. Dans ce contexte, les autorités sanitaires prennent des initiatives pour faire parvenir les tests aux populations.

Les chiffres sont éloquents et traduisent une certaine lassitude des Franciliens à l'égard de la crise sanitaire. 164.000 tests au Covid-19 ont été réalisés dans la région au mois de mars. Au 26 avril, Santé publique France en comptait 85.026, près de deux fois moins. Face à ce constat, les autorités sanitaires multiplient les initiatives pour faire venir le dépistage aux Franciliens.

"On va dans les centres d'hébergement d'urgence, on va dans certains collèges, certains lycées, dans certains endroits pour être le plus proche possible des personnes", a énuméré Philippe Schmitt, président régional de la Fédération française de sauvetage et de secourisme, ce vendredi au micro de BFMTV. Vu "que les gens ne viennent pas, on s'approche d'eux pour pouvoir les tester."

Des tests dans les transports

L'Agence régionale de Santé s'est même jointe à Île-de-France Mobilités pour proposer des dépistages dans les stations de métro ou de bus. Deux centres éphémères ont ouvert à Châtelet-les-Halles et Bobigny-Pablo Picasso cette semaine. Mais ils peinent à attirer les usagers.

"C'est pas une mission facile", assure Alexis, secouriste. "Les gens sont pressés, veulent aller au travail. Beaucoup ont des écouteurs et n'entendent pas ce qu'on leur dit."

Ce dispositif est tout de même salué par certains usagers. "Quand on prend les transports en commun, on est jamais à l'abri que les gens l'aient ou ne l'aient pas (le virus, NDLR). Comme là c'est à la sortie du bus, c'est vraiment impeccable", note l'un d'eux.

"Il y a encore des gens malades"

Si Emmanuel Macron a présenté jeudi les contours du plan de déconfinement, le virus circule toujours avec virulence en Île-de-France. Caroline Gutsmuth, médecin biologiste, directrice générale du laboratoire Biogroup, le constate: "Malheureusement, le nombre de positifs en pourcentage ne diminue pas. C'est soit en augmentation, soit en plateau. Il y a encore des gens malades et des cas contacts".

Le président de la République a averti: dans les territoires où le taux de d'incidence dépassera 400 cas pour 100.000 habitants, des "freins d'urgence" permettant de bloquer les réouvertures seront actionnés. Pour l'heure, seules les Yvelines et les Hauts-de-Seine présentent des chiffres inférieurs à ce seuil d'alerte.

Hilal El Aflahi, Maimouna Barry et Laura Tapiro avec Florian Bouhot