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Crise financière à Ile-de-France Mobilités: "Les trains, les métros pourraient s'arrêter"

Invité de BFM Paris ce lundi, le vice-président de région Stéphane Beaudet a assuré que sans soutien financier significatif de l'État, Ile-de-France Mobilités serait obligé de réduire drastiquement son trafic, faute de pouvoir payer ses opérateurs. Au sortir de la crise, le syndicat des transports franciliens accuse un déficit de 2,6 milliards d'euros.

Avec la crise sanitaire, Ile-de-France Mobilités accuse une perte de 2,6 milliards d'euros. Alors que l'État a d'ores et déjà proposé 425 millions d'euros au syndicat des transports franciliens, Stéphane Beaudet, vice-président de région, assure que cette somme ne suffira pas à combler le déficit.

"Rien qu'en trésorerie, nous avons plus de 500 millions d'euros à débourser pour la SNCF et la RATP à partir de juillet", a-t-il expliqué ce lundi à BFM Paris. Cette somme, on n'est pas capable de la leur verser si on n'a pas une aide supplémentaire et très rapide."

Si aucune autre solution n'est proposée par l'État à Ile-de-France Mobilités, Stéphane Beaudet l'assure: "les trains, les métros pourraient s'arrêter et descendre à 30% ou 40%" de leur trafic habituel dès cet été.

"Les usagers n'ont pas le droit de perdre"

Pour combler ce déficit, l'élu exclut par ailleurs de demander une quelconque contribution financière aux usagers des transports en commun franciliens en augmentant les tarifs du pass Navigo.

"Les usagers n'ont pas le droit de perdre. On les a confinés, on les a déconfinés, on leur a demandé de ne pas prendre les transports (...) On ne va pas en plus leur demander de payer 5, 10, 15, 20 euros supplémentaires", a lancé Stéphane Beaudet.

"Dans tous les grands pays, les Etats ont mis deux, trois, quatre, cinq millairds pour compenser les pertes dans les transports publics, et on nous propose 425 millions", a continué le vice-président de région en charge des transports. "Il faut qu'on se remettre très rapidement autoru de la table pour discuter de ça", a-t-il ajouté. Sinon, Ile-de-France Mobilités pourrait se retrouver en cessation de paiement dès juillet, prévient-il.

Ce lundi, lors d'une conférence de presse, Valérie Pécresse la présidente de la région et d'IDF-Mobilités a également réclamé à nouveau une compensation de l'Etat. Si l'arrêt des transports et de l'augmentation du pass Navigo sont des options "sur la table", Valérie Pécresse les juge "impensables" et "inacceptables" pour les usagers. Et la présidente d'IDF-Mobilités de prévenir: "sans le soutien de l'Etat, nous ne pourrons plus payer".

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions