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Crack à Paris: Valérie Pécresse veut "ouvrir un centre de désintoxication"

La présidente de la région Ile-de-France a demandé ce lundi, l'ouverture d'un centre de désintoxication. Elle a aussi appelé à avoir "des injonctions de soins".

La présidente de la région Ile-de-France (Libres, ex-LR) et candidate à la présidentielle de 2022 Valérie Pécresse a demandé lundi sur BFMTV l'ouverture d'un "centre de désintoxication" pour lutter contre le phénomène de consommation de crack à Paris.

"Il faut une réponse sanitaire"

"Il faut une réponse qui ne soit pas que sécuritaire, qui ne soit pas que de déplacer les problèmes, il faut une réponse sanitaire: il faut ouvrir un centre de désintoxication", a-t-elle plaidé.

"Je vais prendre l'initiative, parce que personne ne le fait: je vais confier une mission au professeur Vaivre-Douret, qui est une psychiatre de (l'hôpital) Cochin, et à Elina Dumont, ancienne sans-abri addict au crack: quelle structure de désintoxication pour les crackeux", a-t-elle par ailleurs annoncé.

"Quand on est au crack, on ne s'en sort pas tout seul", a-t-elle déclaré, ajoutant que "pour l'instant, nous avons des centaines de personnes qui sont dans un square, sans protection."

Les salles de shoot "troublent l'ordre public"

"Il faut avoir des injonctions de soins", a défendu Mme Pécresse.

Elle souhaite privilégier cette solution "au lieu d'ouvrir des salles de shoot qui troublent l'ordre public partout dans Paris et qui créent des encouragements à consommer", avait-elle déclaré dimanche lors d'un déplacement à Pantin (Seine-Saint-Denis).

Vendredi, une cinquantaine de toxicomanes du quartier des jardins d'Eole, haut lieu de consommation de crack dans le nord-est parisien, ont été déplacés à la lisière d'Aubervilliers et Pantin, lors d'une opération menée par la préfecture de police sur instruction du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Un mur, brocardé par les riverains à Pantin et Aubervilliers, a été érigé afin d'empêcher les consommateurs de crack de se rendre en Seine-Saint-Denis.

"Le sentiment des riverains, c'est que finalement, on a transféré (le problème) dans un département qui est le plus pauvre de France, la Seine-Saint-Denis, qui a déjà des problèmes de sécurité très importants (...) et on leur rajoute des toxicomanes venus de Paris", a dénoncé lundi Valérie Pécresse.

Le préfet de la région Ile-de-France, Marc Guillaume, et le préfet de police de Paris, Didier Lallement, qui ont mené l'opération sur instruction de Gérald Darmanin, justifient l'édification du mur par l'"indispensable protection des habitants de Pantin", ont-ils écrit samedi à la maire de Paris, Anne Hidalgo.

G.H avec AFP