BFMTV

Réchauffement climatique: les incendies en Australie vont contribuer à la hausse des gaz à effet de serre

De la fumée des feux de brousse s'élève dans le ciel australien, dans la région des Nouvelles Galles du Sud, le 15 janvier 2020

De la fumée des feux de brousse s'élève dans le ciel australien, dans la région des Nouvelles Galles du Sud, le 15 janvier 2020 - Saeed Khan / AFP

Alors que les concentrations de gaz à effet de serre battent déjà des records, l'année 2020 devrait aussi être marquée par le CO2 issu des incendies en Australie. Les feux devraient contribuer à hauteur de 2% à l'une des hausses les plus importantes jamais enregistrées.

Les incendies géants en Australie battent tous les records, avec plus de 100.000 km² brûlés - soit une surface plus grande que le Portugal - depuis septembre et plus d'un milliard animaux tués. Mais leur gravité exceptionnelle pourrait contribuer à un autre triste record: celui de la hausse des concentrations de CO2 dans l'atmosphère, qui ne cessent de s'accroître ces dernières années.

En 2020, ces incendies devraient contribuer à hauteur de 2% de cette augmentation, selon les prévisions du British Met Office, les services de la météo britannique, relayées par le Guardian ce vendredi.

Les incendies vont contribuer à des chiffres records

La concentration atmosphérique du dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique, devrait encore fortement augmenter fortement en 2020 selon les prévisions de l'institut météorologique britannique: elle devrait atteindre un pic de 417 parties par million (ppm) en mai et avoir une moyenne de 414,2 ppm pour l'année 2020, soit une hausse de 2,74 ppm par rapport à 2019.

Pour les scientifiques, une concentration de plus de 450 ppm est associée à une augmentation de la température moyenne mondiale de deux degrés par rapport à l'ère pré-industrielle, rappelle le Guardian. Des chiffres qui signifieraient un point de non-retour concernant certains effets désastreux du réchauffement climatique.

Le cercle vicieux des incendies

Le professeur Richard Betts, cité par le Guardian, rappelle que le réchauffement climatique et les conditions météorologiques locales ont contribué à la sécheresse et aux températures très élevées en Australie, responsables de la gravité des feux de ces dernières semaines. Les incendies produisent ensuite du gaz à effet de serre en quantités particulièrement importantes, contribuant au réchauffement climatique, qui influe lui-même sur la sévérité des incendies pour les saisons suivantes.

La combustion d'énergies fossiles, l'activité humaine, la déforestation participent à l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre, mais elle peut être limitée par l'absorption du CO2 par les forêts et les autres écosystèmes. Pourtant, ceux-ci se réduisent d'année en année et absorbent moins de CO2, souffrant d'un climat plus chaud et sec. Un cercle vicieux, d'autant qu'en Australie, les feux sont si importants que la forêt ne pourra sans doute pas se régénérer suffisamment rapidement, ni revenir à son état initial.

Une situation catastrophique pour l'île-continent

Selon le site Carbon Brief, émanation de la Fondation européenne pour le climat, les fumées dégagées par les incendies auraient émis depuis septembre plus de CO2 que ce que les 116 pays les moins polluants de la planète sur toute l'année 2018. Près de 400 millions de tonnes de dioxyde de carbone ont été rejetées dans l'atmosphère, un chiffre proche des émissions du Royaume-Uni pour une année entière, d'après cette même source.

Depuis septembre, les feux de forêt et de brousse sans précédent ont fait au moins 29 morts et détruit plus de 2.000 habitations. Près de 100.000 personnes ont été déplacées et selon une étude conjointe de WWF et d'un chercheur de l'université de Sydney, plus d'un milliard et vingt-cinq millions d'animaux sont déjà morts. Les images des animaux rescapés des feux de l'île Kangourou ont fait le tour des réseaux sociaux, tandis que les espèces déjà menacées d'extinction risquent de s'éteindre, leur habitat naturel étant détruit.

Julia Galan