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Incendies en Australie: pourquoi la situation peut s'éterniser encore plusieurs semaines

Les brasiers australiens ne devraient pas s'éteindre dans les prochaines semaines, au vu des prévisions livrées par les outils météorologiques. A la date de ce mardi, 24 personnes et plus d'un milliard d'animaux ont péri dans les flammes de ces incendies d'une durée et d'une ampleur inédites.

Les flammes qui embrasent l'Australie depuis août dernier, ont enfoncé le pays dans un marasme effroyable. Et celui-ci a encore quelques semaines devant lui.

Le bilan humain est d'ores et déjà tragique: 24 personnes, au moins, ont perdu la vie selon le décompte le plus récent. L'hécatombe frappe l'ensemble du vivant: un milliard et vingt-cinq millions d'animaux sont morts, selon une étude conjointe du WWF et d'un chercheur de l'université de Sydney, citée par Libération. Les conséquences matérielles suivent de près, avec 2000 habitations ayant succombé à la catastrophe et l'équivalent de 4.856.227 hectares ravagés.

L'est de l'île, particulièrement martyrisé par les incendies, a connu une évolution quasi-providentielle ce week-end, avec l'arrivée, tant attendue et si souvent repoussée, de pluies. L'événement a provoqué la joie des populations, comme le montre la vidéo ci-dessous publiée sur Twitter. 

La version australienne de ABC a ainsi relevé que certaines zones incendiées avaient pu recevoir jusqu'à 15 mm de pluies en 24 heures, notamment dans la province de Victoria, dans le sud-est de l'Australie. Mais cet épisode demeure pour le moment isolé, et les températures, qui ont légèrement baissé, doivent repartir à la hausse au cours de la semaine. 

L'heure n'est pas à l'optimisme 

Ces précipitations ponctuelles ne sont pas de nature à infléchir la terrible tendance pour une Australie qui a désespérément besoin d'une vague de pluies soutenue et durable. Or, de ce côté-là, les prévisions ne sont pas franchement optimistes. 

Si pour le Bureau de météorologie australien, le mois de janvier sera plus humide que la normale pour l'ouest du pays, malheureusement, il menace de s'avérer plus sec que le climat traditionnel à ce moment de l'année dans les provinces du Queensland, dans une bonne part de la Nouvelle-Galles-du-sud (région très peuplée du sud-est qui paie le prix fort de la catastrophe) et dans le nord-est de la province de Victoria. 

Des températures anormalement élevées jusqu'au printemps

Parmi les facteurs déterminants dans la naissance et la propagation des feux, on trouve la sécheresse, les hautes températures et les vents. Les perspectives ne sont pas favorables autour du mercure. Ainsi, de jour comme de nuit, des températures anormalement élevées chaufferont l'ensemble du territoire australien de janvier à mars.

Par ailleurs, des parenthèses pluvieuses de courte durée, comme celle de ce week-end, ou les quantités trop peu importantes, peuvent s'avérer contre-productives. Le porte-parole des pompiers de Nouvelle-Galles-du-sud, Greg Allen, a ainsi déclaré à ABC: "Il est possible que ça nuise aux efforts pour mettre en place un 'back-burning', ces opérations tactiques que nous menons de temps en temps pour renforcer les lignes d'endiguement du feu".

En outre, la pluie trop légère peut handicaper le travail des machineries les plus lourdes des secours. Ce type de pluies, de plus, ont toutes les chances de laisser des feux sporadiques, soit autant de possibilités de nouveaux départs de feu au sein des zones en principe maîtrisées par les pompiers. Enfin, comme l'ajoute le média australien, des sols très secs peuvent devenir hydrophobes avec le temps. Auquel cas, la pluie n'y pénètre plus, glissant seulement en surface... au risque de provoquer des inondations éclairs. 

L'accalmie est donc encore loin pour l'Australie. 

Robin Verner