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Réchauffement climatique: le record de concentration de gaz à effet de serre encore battu en 2018

Épisode de pollution le 21 novembre 2019 à Lahore au Pakistan

Épisode de pollution le 21 novembre 2019 à Lahore au Pakistan - Arif Ali - AFP

"Il n'y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère" s'alarme l'Organisation météorologique mondiale.

"Aucun signe de ralentissement" n'est visible, s'inquiète l'ONU ce lundi: les principaux gaz à effet de serre (GES) à l'origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018. Ce cri d'alarme est lancé à quelques jours de la réunion annuelle des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique, la COP25, qui se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid.

"Il n'y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l'Accord de Paris sur le climat", a pointé du doigt dans un communiqué le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas.

Une telle teneur en CO2 "il y a 3 à 5 millions d'années"

Ce rapport rend compte non pas des quantités de GES qui sont libérées dans l'atmosphère mais de celles qui y restent, sachant que les océans absorbent environ le quart des émissions totales, tout comme la biosphère, dont font partie les forêts.

D'après les scientifiques, le dioxyde de carbone (CO2), qui est associé aux activités humaines et constitue le principal gaz à effet de serre persistant dans l'atmosphère, a battu un nouveau record de concentration en 2018, à 407,8 parties par million (ppm), soit 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750. Ce triste record avait déjà été battu en 2017.

"Il convient de rappeler que la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années: la température était de 2 à 3°C plus élevée qu'aujourd'hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel", a souligné Petteri Taalas.

L'inquiétude de l'OMM est d'autant plus forte que l'augmentation annuelle de la concentration de CO2, qui persiste pendant des siècles dans l'atmosphère et encore plus longtemps dans les océans, a été supérieure au taux d'accroissement moyen des 10 dernières années.

Les concentrations en méthane ont augmenté

D'après les observations des chercheurs, les concentrations de méthane (CH4), qui figure au deuxième rang des plus importants gaz à effet de serre persistants, et de protoxyde d'azote (N2O) ont également augmenté plus fortement que la moyenne annuelle de la dernière décennie. Le protoxyde d'azote joue par ailleurs un rôle important dans la destruction de la couche d'ozone stratosphérique, qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs émis par le soleil.

Face à l'urgence climatique, de nombreux pays se sont engagés à Paris en 2015 à appliquer des plans de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, mais les émissions mondiales ne cessent d'augmenter. Petteri Taalas a appelé lundi les pays à traduire leurs "engagements en actes et revoir à la hausse (leurs) ambitions dans l'intérêt de l'humanité".

Les quatre plus importants émetteurs de GES - Chine, Etats-Unis, Union Européenne et Inde - représentent 56% des émissions mondiales. Seule l'UE (9% du total) est en voie de remplir, et même dépasser, ses objectifs, selon une récente étude de l'ONG américaine Fondation écologique universelle (FEU-US).

S. V. avec AFP