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Pour réduire le réchauffement climatique, le GIEC préconise un changement d'alimentation

Un supermarché - Image d'illustration

Un supermarché - Image d'illustration - MYCHELE DANIAU / AFP

L'agriculture, la sylviculture et les autres usages de la terre, comme l'élevage, représentent 23% du total des émissions de gazs a effet de serre soulignent les experts.

Après avoir été approuvé mercredi par les 195 délégations des pays membres au terme d’une session marathon à Genève, le rapport des experts du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a été rendu public ce jeudi.

Depuis vendredi, l’ensemble des délégations étaient réunies pour examiner ce rapport spécial des experts de l'ONU pour le climat consacré au "changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres."

Un système alimentaire qui pèse lourd

Dans le rapport, dont la rédaction a été initiée en 2016, plusieurs facettes ont été étudiées. Dans le viseur, le système alimentaire mondial, ses limites et l'évolution des régimes alimentaires. Est notamment mise en cause la consommation croissante de viande, qui influe inévitablement sur la modification de l'usage des terres joue sur le climat.

Notre système alimentaire actuel pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre. L'agriculture, la sylviculture et les autres usages de la terre, comme l'élevage, représentent 23% du total des émissions.

Elles sont encore plus importantes en prenant en compte la totalité du système alimentaire et devraient augmenter à l'avenir, "tirées par la croissance démographique, des revenus et les changements de régime alimentaire".

Les habitudes alimentaires ont évolué au cours des derniers 50 ans: l'approvisionnement en viande par habitant a plus que doublé en moyenne depuis 1961, alors même que 820 millions de personnes souffrent de la faim. Dans le même temps, deux milliards d'adultes sont en surpoids ou obèses et "25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée".

"Systèmes résilients" et "durables"

Ainsi, plusieurs changements dans les modes de consommation seront nécessaires et peuvent être orientés par des choix politiques, selon le GIEC.

"Des régimes équilibrés reposant sur des aliments à base de plantes, tels que ceux basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et légumes, les fruits à coque et les graines et des aliments d'origine animale produits dans des systèmes résilients, durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre présentent d'importantes opportunités", souligne le rapport, qui encourage aussi la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Ce texte rappelle aussi la nécessité, déjà mise en avant dans le précédent rapport du GIEC, de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre afin d'éviter "des pertes irréversibles" au sein des écosystèmes nécessaires pour la nourriture, la santé et l'habitat des humains.

Depuis la période pré-industrielle, la température moyenne mondiale sur les surfaces émergées a progressé de 1,53°C, martèle le rapport. 

Hugo Septier avec AFP