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Australie: depuis le début des incendies, le pays a émis plus de CO² que 100 pays réunis

Un pompier à Jerrawangala (Nouvelle-Galles du Sud), en Australie, le 1er janvier 2020 - Peter Perks - AFP

Un pompier à Jerrawangala (Nouvelle-Galles du Sud), en Australie, le 1er janvier 2020 - Peter Perks - AFP - Peter Perks - AFP

A l'heure actuelle, près de 8,4 millions d’hectares ont déjà été réduits en cendres.

C’est une donnée alarmante, qui souligne encore un peu plus l’impact désastreux des incendies qui sévissent depuis début septembre en Australie.

Selon le site Carbon Brief, un site britannique qui travaille en collaboration avec la Fondation européenne pour le climat, les fumées dégagées par l’imposant sinistre auraient émis autant de CO2 (dioxyde de carbone) en l’espace de quelques mois (depuis septembre 2019) que les 116 pays les moins polluants de la planète en une année entière, en l'occurrence en 2018.

Dans le détail, ce sont près de 400 millions de tonnes ont été rejetées dans l’atmosphère, soit un chiffre qui avoisine celui du Royaume-Uni pour une année entière, mais aussi les rejets dus aux tout aussi impressionnants incendies qui ont touché l’Amazonie en 2019.

Augmentation de l'effet de serre 

Le Co2 fait partie des nombreux gaz qui participent à l’effet de serre, et donc au réchauffement climatique. Et les chiffres australiens sont logiquement inquiétants.

A quelques jours de la COP25 qui se tenait à Madrid, le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) estimait que la concentration de ces derniers avait franchi un nouveau record pour l’année 2018, et qu’il "n'y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution."

Ces incendies sont une double peine pour la planète, estime d'ailleurs Serge Zaka, docteur en agroclimatologie contacté par Le Parisien. "Il ne faut pas oublier que la forêt brûlée n'existe plus pour des années. Elle ne peut donc plus absorber le CO2 émis par la pollution alentour…"

Plus d'un milliard d'animaux ont déjà disparu 

Selon les derniers chiffres des autorités australiennes, ce sont près de 8,4 millions d’hectares qui auraient déjà été réduits en cendres, en particulier dans les régions de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria. Pire, autour de la ville de Sydney, 80% des forêts auraient déjà disparu. Comme le signale encore Le Parisien, début janvier, Canberra, capitale du pays, était devenue la ville la plus polluée de l'île.

D'un point de vue global, les feux australiens ont surtout été un désastre pour la faune et la flore locales. D'après une étude conjointe de WWF et d'un chercheur de l'université de Sydney, plus d'un milliard et vingt-cinq millions d'animaux sont déjà morts.

Hugo Septier