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Après la sécheresse, les orages: pourquoi les fortes pluies prévues cette semaine sont redoutées

Cette photo prise le 11 août 2022 montre un éclair pendant un orage au-dessus de la vallée du Taravo, en Corse. (photo d'illustration)

Cette photo prise le 11 août 2022 montre un éclair pendant un orage au-dessus de la vallée du Taravo, en Corse. (photo d'illustration) - Pascal Pochard-Casabianca / AFP

Les averses orageuses prévues mardi et mercredi ne permettront pas d’observer une réelle amélioration sur le front de la sécheresse et sont même redoutées car elles peuvent causer d'importantes crues.

L'Hexagone manque d'eau. "Au niveau national, depuis le 17 juillet, la France établit chaque jour un nouveau record de sécheresse des sols", explique Météo-France. Pourtant, le retour de la pluie est redouté.

Ce mardi, une perturbation orageuse touche d'abord l'ouest du pays - la Bretagne et la façade atlantique. Progressivement, elle va s'étendre vers l'est et le sud. Cinq départements sont notamment placés en vigilance orange pour risque d'orages sur le pourtour du Golfe du Lion.

"Cette salve orageuse ne va pas résoudre le problème de la sécheresse", prévient d'emblée Météo-France.

· Les pluies vont ruisseler sur les sols secs

La sécheresse historique et l'important déficit de pluviométrie qui touchent la France cet été ont asséché les sols et les nappes phréatiques. Par conséquent, une croûte s'est formée à la surface des sols qui va empêcher l'eau de pénétrer efficacement. À l'inverse, les pluies vont ruisseler.

En outre, les averses orageuses sont généralement de courte durée mais sont très intenses. Ainsi, l'eau n'a pas le temps d'être absorbée par des sols devenus quasiment imperméables.

"Le sol est très dur, l’eau peut s’écouler mais seulement en surface", met en garde sur BFMTV Davide Faranda, climatologue au CNRS.

· L'eau n'est pas absorbée

Une vidéo publiée par le compte Twitter de l’université de Reading, au Royaume-Uni explique ce phénomène. Trois gobelets remplis d'eau sont renversés sur trois sols différents: une herbe mouillée, une herbe d'un été "normal" et un sol desséché par une vague de chaleur.

Sur une pelouse humide, il ne faut que quelques secondes pour que l'eau s'infiltre dans le sol. Cela prend une minute environ pour un "été normal". En revanche, l'eau contenue dans le gobelet et posée sur un sol touchée par une sécheresse n'est pas absorbée.

· Des risques d'inondations

Conséquence: le ruissellement des pluies peut provoquer des inondations et des crues, car elles risquent de se déverser rapidement dans les cours d'eau et les canalisations.

"Les sols asséchés ne sont plus en capacité d’absorber correctement les précipitations et cela peut provoquer des crues, des inondations et des glissements de terrain", prévient le Centre d’information sur l’eau.

La sécheresse historique de cet été ne peut être compensée par un épisode orageux. La vraie solution serait d'avoir des pluies fines, douces et durables, un phénomène très rare en été.

"Au mois d’août, nous ne pouvons pas espérer des perturbations d’automne avec des pluies fines qui pénètrent lentement dans le sol", abonde Météo-France qui explique néanmoins que cet épisode reste "bienvenu" car "il n'a pas plus depuis des semaines".

Lors de ces perturbations orageuses, les impacts de foudre associés aux orages feront également l’objet d’une attention toute particulière car ils peuvent être la source d'incendies. Alors que la France fait face à la multiplication des feux, la foudre est à l'origine de 10% des départs de feu.

Salomé Robles