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Syrie: les jihadistes de Daesh tout près de la frontière turque

Un soldat turc patrouille à la frontière avec la Syrie, le 30 septembre 2014.

Un soldat turc patrouille à la frontière avec la Syrie, le 30 septembre 2014. - Bulent Kilic - AFP

Malgré les frappes de la coalition menée par les Etats-Unis contre les positions de Daesh, les jihadistes poursuivent leur avancée. Ils se trouvaient mardi à moins de cinq kilomètres de la troisième ville kurde de Syrie, située à la frontière avec la Turquie.

Les jihadistes arrivent aux portes de la Turquie. Les combattants du groupe Daesh (l'acronyme arabe de l'Etat islamique autoproclamé, ou EI) étaient mardi à quelques kilomètres seulement de la ville syrienne d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde), près de la frontière turque, malgré de nouvelles frappes de la coalition conduite par les Etats-Unis dans cette zone.

Dans l'Irak voisin, où les jihadistes se sont aussi emparés de larges secteurs, les forces kurdes ont lancé une offensive sur trois fronts dans le nord contre Daesh, qui multiplie les exactions dans les zones sous son contrôle.

En Syrie, les combattants de cette organisation terroriste sunnite se trouvent désormais à "deux ou trois kilomètres" d'Aïn al-Arab, dont ils cherchent à s'emparer pour contrôler sans discontinuité une longue bande de territoire le long de la frontière turque, selon une ONG syrienne. "Il y a juste une vallée qui sépare les jihadistes de la ville", a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La ville "assiégée de tous les côtés"

Lundi, Daesh était à cinq kilomètres de cette troisième ville kurde de Syrie, près de la frontière avec la Turquie, alors que de nombreux villages environnants ont déjà été pris par les jihadistes dans cette province d'Alep. Les hommes de Daesh ont visé lundi la cité à la roquette, touchant pour la première fois le centre-ville où trois personnes ont été tuées, selon l'OSDH.

Face à cette avancée, les Etats-Unis et des pays arabes membres de la coalition, qui ont débuté des raids en Syrie le 23 septembre dernier, ont mené dans la nuit de lundi à mardi deux frappes contre des positions de Daesh, d'après l'OSDH, qui n'a pu préciser la nature des cibles.

L'un des chefs du principal parti kurde de Turquie, Demirtas, qui s'est rendu mardi à Aïn al-Arab, a confirmé que Daesh était tout près. "Les terroristes n'étaient qu'à deux kilomètres. Kobané est assiégée de tous les côtés", a dit le coprésident du Parti démocratique populaire (HDP) à la presse, à son retour au poste-frontière turc de Mursitpinar.

Ankara pourrait participer à la lutte contre Daesh

L'offensive des jihadistes dans cette région, débutée mi-septembre, a poussé plus de 160.000 personnes à trouver refuge en Turquie. Lundi, 15.000 habitants ont encore passé la frontière en raison des nouveaux affrontements.

Lundi, Ankara a renforcé son dispositif militaire autour du poste-frontière de Mursitpinar, après la chute sur son territoire de trois obus de mortier venant de la zone des combats.

Alors qu'Ankara se montrait jusqu'ici réticent à participer à une intervention militaire contre les jihadistes, le gouvernement islamo-conservateur va finalement déposer mardi un projet de mandat autorisant l'intervention de son armée en Irak et en Syrie. Si le Parlement - qui doit en débattre à partir de jeudi - l'approuvait, la Turquie rejoindrait ainsi la coalition initiée par les Etats-Unis, et à laquelle participent à différents degrés une cinquantaine de pays.

V.R. avec AFP