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Record mondial: plus de 70 millions de réfugiés et déplacés fin 2018, selon l'ONU

Des Vénézueliens attendent à la frontière à San Antonio del Tachira pour entrer à Cucuta, le 9 juin 2019 en Colombie,

Des Vénézueliens attendent à la frontière à San Antonio del Tachira pour entrer à Cucuta, le 9 juin 2019 en Colombie, - Schneyder MENDOZA, AFP/Archives

Le rapport annuel du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés fait état d'une année record: fin 2018 le monde comptait 70.8 millions de déplacés. Un chiffre aussi élevé qu'incomplet puisqu'il ne prendrait pas en compte l'ampleur de l'exode des Vénézuéliens.

L'ONU a annoncé ce mercredi que fin 2018 le monde comptait 70,8 millions de déplacés à cause des guerres ou persécutions. Un record qui ne reflète cependant pas l'ampleur de l'exode des Vénézuéliens dont seule une minorité demande l'asile.

Le rapport annuel du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) souligne que 2018 a été marquée par la forte progression des déplacements internes en Ethiopie, suite à des violences intercommunautaires, et par une hausse des demandes d'asile présentées par ceux qui fuient la grave crise politique et économique au Venezuela.

Le conflit syrien a continué de produire un grand nombre de réfugiés et de déplacés. Les violences au Nigeria ont également été une source importante de déplacements.

Le rapport relève que le nombre total des "déracinés" dans le monde -comptabilisant les réfugiés (25,9 millions), les déplacés internes (41,3 millions) et les demandeurs d'asile (3,5 millions)- a progressé de 2,3 millions par rapport à 2017.

Cette estimation reste "prudente", pointe le HCR, car "bien que la plupart des Vénézuéliens doivent pouvoir bénéficier du système de protection internationale des réfugiés, à peine un demi-million" ont déposé une demande d'asile.

Un nombre qui ne cesse d'augmenter depuis 2009

Le nombre de déplacés et réfugiés dans le monde est reparti à la hausse depuis 2009, enregistrant une forte progression entre 2012 et 2015 avec le conflit syrien.

En ce qui concerne les réfugiés, 5,5 millions sont des Palestiniens, qui relèvent de la compétence de l'UNRWA. Les autres proviennent, pour une grande majorité, de cinq pays: Syrie, Afghanistan, Soudan du Sud, Birmanie et Somalie.

Les Syriens -plus d'un demi-million- sont aussi ceux qui ont déposé le plus grand nombre de demandes d'asile l'an dernier, la majorité l'ayant fait en Turquie. Viennent ensuite les Vénézuéliens (341.800), qui se sont rendus pour la plupart en Colombie et au Pérou.

L'Allemagne félicitée pour sa politique migratoire

Les Etats-Unis sont le pays qui a reçu le plus grand nombre de demandes d'asile l'an dernier, suivi du Pérou, de l'Allemagne, de la France et de la Turquie.

Pour la 4e année consécutive, la Turquie est le pays qui héberge la plus grande population de réfugiés au monde (3,7 millions), suivi du Pakistan, de l'Ouganda, du Soudan et de l'Allemagne.

Filippo Grandi, qui présente le rapport du HCR à Berlin, en a profité pour saluer la politique migratoire de la chancelière Angela Merkel. En 2015, elle avait pris la décision d'ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l'asile.

"Je n'ai pas l'habitude d'attribuer bons et mauvais points, mais je pense que dans ce cas, il faut féliciter l'Allemagne pour ce qu'elle a fait. La chancelière a été courageuse", a-t-il dit.
Aude Solente avec AFP