BFMTV

Qu'est ce que "l'appel de Christchurch" lancé par la France et la Nouvelle-Zélande?

Jacinda Ardern et Emmanuel Macron le 16 avril 2018 à l'Élysée

Jacinda Ardern et Emmanuel Macron le 16 avril 2018 à l'Élysée - Bertrand Guay - AFP

Cet appel contre l'extrémisme violent en ligne intervient à la suite de la vidéo, diffusée en direct sur les réseaux sociaux, de l'attentat de Christchurch, qui a fait 49 morts.

Ce mercredi, la Première ministre néo-zelandaise Jacinda Ardern sera à Paris, aux côtés d'Emmanuel Macron, pour le lancement de "l'appel de Christchurch", afin d'agir contre le terrorisme et l'extrémisme violent sur internet.

Il y a deux mois jour pour jour, un terroriste australien tuait 49 personnes dans deux mosquées de la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Cet appel intervient à la suite d'une situation qualifiée "d'inédite" par la Première ministre: la diffusion en direct sur le réseau social Facebook de cette tuerie, et le fait que la plateforme n'ait pas réussi à supprimer la vidéo.

Quel est le but de ce rendez-vous?

Facebook l'a "enlevée 1,5 million de fois. Durant les premières 24 heures, elle a été remise en ligne sur YouTube chaque seconde", explique Jacinda Ardern au journal Le Monde. Par la suite "des milliers de personnes ont contacté la cellule de soutien psychologique du fait du malaise ressenti après avoir vu" cette vidéo d'attaque meurtrière.

L'idée de ce rendez-vous est donc d'encourager les géants du numérique à s'engager pour mettre en place un code conduite sur leurs réseaux, contre le terrorisme et l'extrémisme violent en ligne, "de tenter d'établir un plan d'action à long terme" a déclaré Jacinda Ardern.

"L'objectif est de se donner des axes de travail pour l'avenir" notamment en termes de "réactivité aux incidents" et de "collaboration" entre les différents acteurs, plates-formes, États et sociétés civiles, explique de son coté l'Élysée.

Pourquoi l'appel a-t-il lieu en France ?

"Pour ce qui s’est produit sur les réseaux sociaux, nous ne pouvons agir seuls", assure Jacinda Ardern, toujours dans Le Monde. "Ce qui nous est apparu très tôt, c’est que, si nous voulions un changement systémique, il fallait apporter une réponse mondiale à un réseau mondial."

Outre le fait que la France a également vécu plusieurs vagues d'attentats ces dernières années, cet appel est lancé dans l'Hexagone à l'occasion du sommet "Tech for Good" à Paris, réunissant des entreprises qui agissent pour le bien commun. Le gouvernement français planche également depuis plusieurs mois sur un projet de régulation des contenus haineux en ligne.

Qui sera présent?

Côté chefs d'État, le roi Abdallah de Jordanie, le président du Sénégal Macky Sall, les Premiers ministres de Norvège, du Canada, du Royaume-Uni et de l'Irlande seront présents pour cet appel.

En outre, les ministres chargés du numérique du G7 plancheront mercredi à Bercy, autour du secrétaire d'État au numérique Cédric O, sur un projet de charte contre la haine en ligne. La France voudrait la faire adopter lors du sommet des chefs d'États et du gouvernement du G7 qu'elle présidera à Biarritz du 24 au 26 août.

Des représentants des géants numériques seront également là, comme Jack Dorsey, le PDG de Twitter, Nick Clegg, vice-président chargé des affaires globales et de la communication de Facebook, avec Jack Ma (Alibaba, l'Amazon chinois), Ken Hu (Huawei), Virginia Rometty (IBM), Borge Ekholm (Ericsonn), Dara Khosrowshahi (Uber), Gillian Tans (Booking), Young Sohn (Samsung). Les patrons français ne manqueront pas non plus à l'appel avec Patrice Caine de Thales, Philippe Wahl de la Poste, Jean-Paul Agon de l'Oréal, Eric Leandri de Qwant, Frédéric Mazzella de Blablacar pour ne citer qu'eux.

Salomé Vincendon