BFMTV

La Nouvelle-Zélande rend hommage aux 50 victimes de Christchurch

Les autorités se préparaient ce dimanche à remettre les premières dépouilles des victimes à leurs familles.

Les Néo-Zélandais multipliaient ce dimanche les hommages émouvants à la mémoire des 50 fidèles tués vendredi dans deux mosquées de Christchurch, alors que le voile se lève progressivement sur le déroulement d'un massacre qui a aussi donné lieu à des actes héroïques.

De nombreux habitants de Christchurch ont recommencé dimanche à sortir de chez eux pour aller déposer fleurs et mots près des deux lieux de culte pris pour cible par Brenton Tarrant, un extrémiste australien de 28 ans qui, lors de son inculpation samedi, a fait de la main un signe de reconnaissance des suprémacistes blancs.

"Nous nous tenons aux côtés de nos frères et soeurs musulmans", peut-on lire sur une grande banderole près d'un des sites où s'empilent des fleurs dans un mémorial improvisé.

Une solidarité interconfessionnelle

Dans tout le pays, un élan de solidarité interconfessionnelle a été observé, avec notamment des millions de dollars de dons et des achats de nourriture halal destinés aux victimes.

Des fidèles de l'Eglise anglicane de Christchurch ont prié dimanche dans leur "cathédrale en carton" bâtie après le terrible séisme de 2011. 

"Nous avons appris que dans les temps d'épreuves, il était bon de se retrouver ensemble", a déclaré le doyen Lawrence Kimberley.

Quatre femmes parmi les victimes

Les autorités se préparaient ce dimanche à remettre les premières dépouilles des victimes à leurs familles, de plus en plus impatientes de procéder aux funérailles.

La coutume musulmane prévoit l'inhumation du corps dans les 24 heures suivant le décès. 

"On fait un scan de tous les défunts, leurs empreintes sont relevées, on retire les objets qu'ils portaient ou avaient sur eux", a expliqué la Chief Coroner Deborah Marshall, qui dirige l'enquête.

La Première ministre Jacinda Ardern, qui a fait deux apparitions publiques, un voile noir sur ses cheveux pour témoigner sa solidarité à la communauté musulmane, a annoncé dimanche que les premières dépouilles seraient restituées dimanche soir, et les dernières d'ici mercredi.

Quatre femmes figurent parmi les victimes âgées de 3 à 77 ans, selon une liste encore incomplète. Plusieurs victimes étaient natives de la région mais plusieurs autres étaient des immigrés originaires de pays éloignés comme l'Egypte ou la Jordanie.

Les victimes venaient des quatre coins du monde musulman, a souligné Jacinda Ardern. Quatre Egyptiens, un Saoudien, un Indonésien, quatre Jordaniens, six Pakistanais et cinq Indiens figurent notamment parmi les victimes.

Durcissement des lois sur les armes

Les autorités ont également indiqué que 34 blessés demeuraient hospitalisés. Parmi eux, la petite Alin Alsati, quatre ans, entre la vie et la mort, après avoir été touchée par au moins trois balles alors qu'elle se trouvait avec son père dans la mosquée al-Nour. Son père jordanien, également blessé, avait récemment émigré en Nouvelle-Zélande.

Cette tragédie a provoqué une onde de choc en Nouvelle-Zélande, pays de cinq millions d'habitants dont 1% se disent musulmans, réputé pour sa douceur de vivre et sa tradition d'accueil.

Lundi, Jacinda Ardern réunit son cabinet pour discuter d'un éventuel durcissement des législations sur les armes. 

Le gouvernement doit prendre connaissance des conclusions des services de renseignement sur la façon dont un Australien ne cachant pas ses sympathies fascistes a pu se procurer un tel arsenal d'armes sans attirer l'attention des autorités.
Clément Boutin avec AFP