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Attentats de Christchurch: Facebook indique avoir supprimé 1,5 million de vidéos de l'attaque

L'icône de l'application Facebook.

L'icône de l'application Facebook. - Johannes EISELE / AFP

Le terroriste australien, suspecté d'avoir tué 50 personnes dans des mosquées néo-zélandaises vendredi, avait diffusé sa tuerie en direct sur les réseaux sociaux. Plusieurs responsables politiques s'interrogent sur la responsabilité des plateformes vidéos, comme Facebook, Twitter et Youtube.

Facebook a assuré ce dimanche avoir supprimé 1,5 million de vidéos du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande qui a fait au moins 50 morts vendredi. Le réseau social ajoute qu'environ 1,2 million de ces vidéos ont été bloquées au moment de leur téléchargement, dans un message publié ce dimanche.

Le tireur, un extrémiste et suprématiste blanc australien du nom de Brenton Tarrant, a retransmis son massacre en direct sur les réseaux sociaux. Dans ce live, on le voyait tirer sur des fidèles à bout portant pendant 17 minutes. Et malgré les appels de la police à ne pas partager les images, celles-ci ont été diffusées sur Facebook, puis reprises des millions de fois sur Youtube ou encore Twitter, avant d'être bloquées.

Les géants du web pointés du doigts

Jacinda Ardern, Première ministre néo-zélandaise, exige des explications de Facebook et des autres réseaux sociaux.

"Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour retirer ou obtenir que soient retirées certaines des images qui ont circulé dans la foulée de cette attaque terroriste", a-t-elle assuré. "Mais au final, c'est à ces plateformes qu'il appartient de faciliter ces retraits". "Je crois qu'il demeure des questions nécessitant des réponses."

Scott Morrison, Premier ministre australien, a déclaré que les réseaux sociaux avaient "coopéré" à la diffusion de cette attaque, avant de tempérer: "Je dois malheureusement dire que l'aptitude réelle à aider du côté de ces entreprises technologiques est très limitée."

"Nous travaillons 24 heures sur 24 pour retirer tous les contenus en infraction", leur a répondu Mia Garlick, responsable de Facebook en Nouvelle-Zélande ce dimanche. "Au cours des 24 premières heures, nous avons retiré dans le monde 1,5 million de vidéos de l'attaque, dont plus de 1,2 million bloquées lors de leur téléchargement", précise Facebook dans un message publié sur Twitter.

Des "images extrêmement éprouvantes"

Dans un tweet, la police de Nouvelle-Zélande avait exhorté vendredi à ne pas partager les "images extrêmement éprouvantes" des massacres qui ont circulé, selon des internautes, sur Reddit, 4chan et d'autres plateformes.

"Nous oeuvrons à faire retirer tout enregistrement" des tueries, avait-elle ajouté.

Peu après l'attaque, Facebook avait assuré dans un communiqué avoir interrompu la transmission en direct de cette vidéo et l'avoir retirée à la suite d'une requête de la police, et avoir bloqué les comptes Facebook et Instagram du tireur. "Nous retirons également tout soutien ou apologie du crime et du ou des tireurs dès que nous en voyons", a précisé l'entreprise américaine.

Twitter et YouTube, quant à eux, ont dit travailler à retirer les vidéos en question et tout contenu leur étant lié. Twitter affirme avoir "une procédure rigoureuse et une équipe dédiée pour gérer les situations délicates et d'urgence comme celle-ci". "Nous coopérons également avec la police pour faciliter ses enquêtes", a affirmé le réseau social. YouTube a indiqué dans un tweet avoir "le coeur brisé" par "la terrible tragédie en Nouvelle-Zélande", et a tenu à faire savoir qu'elle "oeuvrait activement à retirer toute vidéo violente" de ses pages.

Jeanne Bulant