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Syrie: qui soutient l'intervention et qui s'y oppose?

BFMTV.com répertorie, sur une carte amenée à évoluer au fil des jours, les partisans et les opposants à une intervention en Syrie.

BFMTV.com répertorie, sur une carte amenée à évoluer au fil des jours, les partisans et les opposants à une intervention en Syrie. - -

Barack Obama et François Hollande, déterminés à intervenir en Syrie, tentent de mobiliser, en interne comme en externe, sur la question. A l'international, les deux chefs d'Etat s'activent pour que la coalition la plus large possible soit formée autour de leur éventuelle action militaire.

Une coalition de poids sera-t-elle formée pour appuyer une éventuelle intervention en Syrie? Isolés sur ce dossier, Barack Obama et François Hollande se mobilisent sans relâche pour convaincre d'autres pays de leur apporter un soutien, qu'il soit politique ou militaire, et vont notamment chercher l'appui le plus large possible auprès des participants au G20. Dans l'attente du vote du Congrès américain, prévu le 9 septembre, la France s'est, pour sa part, lancée dans une offensive diplomatique à l'égard de ses voisins européens.

En face, les Etats s'opposant à une action militaire commencent à constituer un bloc conséquent, essentiellement composé de pays soutenant le régime de Bachar al-Assad. BFMTV.com expose, sur une carte amenée à évoluer au fil des jours, les partisans et les opposants à une intervention en Syrie.

> Ils soutiennent une intervention militaire

Bien que la défection de la Grande-Bretagne, dont le Parlement s'est nettement opposé à une intervention, ait porté un coup dur aux Etats-Unis et à la France, un certain nombre de pays leur ont d'ores et déjà apporté leur soutien.

En première ligne, les puissances du Moyen-Orient, géographiquement proches de la Syrie. La Turquie s'est ainsi immédiatement déclarée pour une intervention, se disant favorable à une politique "musclée" contre le pouvoir syrien. En revanche, le doute subsiste quant à la nature du soutien turc. Le pays possède en effet l'une des armées les plus puissantes du Moyen-Orient et est notamment équipé d'un système anti-missiles Patriot, mais pourrait, dans les faits, uniquement se soucier de protéger ses frontières.

Du côté des pays du Golfe, de nombreux membres de la Ligue arabe approuvent l'intervention. Parmi eux, l'Arabie saoudite et le Qatar, qui soutiennent l'opposition syrienne, mais aussi les Emirats arabes unis et le Koweit, rejoints par le Maroc.

L'entourage du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué que la Croatie, le Danemark, la Grèce, la Lettonie, la Roumanie et Chypre soutiennent "sans ambiguïté" l'idée d'une intervention, même sans mandat onusien. Un avis partagé par l'Australie. Le Canada a quant à lui exclu sa participation à une intervention militaire, mais a cependant annoncé soutenir toute action des Etats-Unis.

> Ils s'opposent à une intervention militaire

Principal allié régional du régime de Bachar al-Assad, l'Iran a affirmé qu'il soutiendrait "jusqu'au bout" la Syrie face à une éventuelle intervention militaire des Etats-Unis et de ses alliés, agitant la menace de représailles. L'ayatollah Khamenei a jugé, jeudi, que les armes chimiques sont "un prétexte" avancé par les Occidentaux pour attaquer la Syrie.

De leur côté, l'Algérie, l'Irak, le Liban mais aussi l'Egypte et la Tunisie, ont exprimé leur opposition à une intervention, qu'ils considèrent comme une ingérence étrangère. Pour l'Inde, "aucune solution militaire au conflit" syrien n'est possible. Même son de cloche en Argentine, où le ministre des Affaires étrangères a estimé qu'"une action militaire ne ferait qu'aggraver la situation", et en Afrique du Sud, où l'on réclame une solution politique.

Tout en excluant toute participation allemande à une éventuelle action militaire, la chancelière Angela Merkel, a tout de même appelé à des efforts diplomatiques pour convaincre la Russie de soutenir une réponse internationale unique contre le régime de Bachar al-Assad. Vladimir Poutine reste en effet l'un des principaux soutiens au régime de Damas, et bloque depuis deux ans, avec la Chine, toute possibilité de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Mercredi, le président russe a mis en garde le Congrès américain contre l'approbation de frappes en Syrie en dehors du cadre des Nations unies, qui constitueraient une "agression".

Enfin, l'Italie, l'Espagne, le Mexique et le Brésil refusent une action sans autorisation de l'ONU, impossible à obtenir sans le revirement de Moscou. Ainsi, pour le ministre des Affaires étrangères brésilien toute intervention hors mandat de l'ONU serait une "violation du droit international".

> Réunion européenne à l'issue du G20

Après un G20 marqué par la question syrienne, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays de l'Union européenne se réuniront vendredi et samedi à Vilnius, en Lituanie, pour tenter de trouver une position commune.

Pendant ces deux jours, les ministres français Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian tacheront d'obtenir le soutien politique des 28 pays membres de l'UE pour élargir au maximum la coalition. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, pourrait les rejoindre samedi afin de leur prêter main forte.


>> Légende

En vert: les pays favorables à une intervention

En rouge: les pays hostiles à une intervention

En bleu: les pays qui sont favorables à une intervention uniquement dans le cadre de l’ONU

Adrienne Sigel et Olivier Laffargue