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Syrie: Palmyre retombe aux mains de Daesh

Palmyre, le 6 mai 2016.

Palmyre, le 6 mai 2016. - Louai Beshara - AFP

Daesh a récupéré le contrôle de Palmyre, après s'en être retiré samedi sous la pression de bombardements russes.

Après dix mois passés sous le joug de l'armée syrienne, la cité antique de Palmyre est repassée du côté de Daesh. "L'Etat Islamique a repris dimanche le contrôle de la totalité de Palmyre après le retrait de l'armée syrienne au sud de la ville", a déclaré le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel Rahmane, ajoutant que les jihadistes "passent la ville au peigne fin" pour y trouver le moindre soldat restant.

Selon le gouverneur de la province de Homs Talal Barazi, le groupe jihadiste a acheminé des renforts depuis ses bastions de Rakka et Daïr az Zor, à la frontière avec l'Irak.

Une première percée samedi

Daesh a déjà investi Palmyre samedi. "Après une percée rapide, l'EI contrôle désormais la majeure partie de la cité", avait affirmé le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, pointant du doigt le manque de présence de l'armée syrienne dans la ville. 40.000 soldats ont en effet été envoyés à Alep les jours précédant l'attaque.

Mais dans la nuit de samedi à dimanche, les bombardiers russes ont mené 64 raids, forçant les combattants de Daesh à reculer. Le ministère russe de la Défense a assuré que ses frappes ont tué plus de 300 membres de l'organisation terroriste et détruit onze de leurs chars et 31 véhicules.

Mais ces frappes pourraient bien s'avérer inutiles. Selon l'agence Amaq, affiliée au groupe jihadiste, les combattants de ce dernier se sont emparés de plusieurs quartiers à l'Ouest de Palmyre, et ont récupéré une trentaine de chars russes.

Palmyre, cité détruite

En mai 2015, Palmyre avait été occupée une première fois par l'organisation terroriste, avant que l'armée syrienne ne la récupère en mars 2016. Entre temps, Daesh s'était adonné à une destruction presque totale de la cité, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Ses combattants avaient notamment fait exploser plusieurs tours funéraires, le plus ancien monastère chrétien d'Irak, et le Lion d'Athéna.

Le groupe jihadiste considère l'ensemble de ce patrimoine, composé d'objets et de statues antiques, comme de l'idolâtrie, et refuse d'accepter le sentiment de respect et d'admiration pour le passé culturel.

F. H. avec AFP