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Syrie: neuf combattants du régime tués dans un assaut jihadiste

La ville d'Idleb en mars 2017.

La ville d'Idleb en mars 2017. - Omar haj kadour / AFP

Vendredi en Syrie, neuf combattants du régime ont été tués lors d'un assaut jihadiste contre leurs positions.

Neuf combattants du régime de Damas ont été tués dans un assaut jihadiste contre leurs positions près de la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, où une "zone démilitarisée" est pourtant prévue, a rapporté vendredi une ONG.

Cette zone tampon de 15 à 20 kilomètres de large a été décidée au terme d'un accord le 17 septembre entre la Russie, allié du régime, et la Turquie, parrain des rebelles, pour séparer les territoires insurgés d'Idleb des régions gouvernementales attenantes.

L'accord devait entrer en vigueur à la mi-octobre, mais sur le terrain certaines dispositions n'ont pas été respectées. En attendant, des escarmouches opposent régulièrement les forces de Bachar al-Assad aux rebelles et jihadistes.

14 morts 

L'attaque de vendredi s'est déroulée à l'aube, aux franges d'un secteur concerné par le projet de démilitarisation, dans le nord-ouest de la province centrale de Hama, voisine d'Idleb, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Neuf combattants prorégime mais aussi cinq assaillants ont été tués", a indiqué le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane, ajoutant qu'en représailles le pouvoir syrien avait pilonné à l'artillerie des positions jihadistes.

L'assaut a été mené par plusieurs factions jihadistes, notamment le groupuscule Houras al-Din lié à Al-Qaïda, qui a rejeté l'initiative russo-turque, a précisé Rami Abdel Rahmane.

Les jihadistes dominent 70% des territoires qui doivent en principe former la "zone démilitarisée", selon l'OSDH. La province d'Idleb est elle-même en majorité contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham, organisation jihadiste formée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

"Les terroristes sont toujours présents"

L'initiative russo-turque a permis d'éviter une offensive de grande ampleur du régime syrien et de son allié russe contre Idleb, l'ultime grand bastion rebelle et jihadiste de Syrie.

Conformément à l'accord, les groupes rebelles ont retiré leur artillerie lourde du secteur mais les jihadistes n'ont pas quitté la zone.

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a exprimé le mois dernier son mécontentement au sujet de ces manquements, affirmant, non sans épingler la Turquie, que "les terroristes sont toujours présents avec leurs armes lourdes", selon l'agence officielle Sana.

Depuis son déclenchement en 2011, le conflit syrien a fait plus de 360.000 morts et déplacé plusieurs millions de civils.

B.L. avec AFP