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Syrie: le "califat" de Daesh totalement éliminé 

Membres des forces démocratiques syriennes après une opération réussie à Baghouz contre Daesh, le 19 mars 2019

Membres des forces démocratiques syriennes après une opération réussie à Baghouz contre Daesh, le 19 mars 2019 - GIUSEPPE CACACE / AFP

Le "califat" autoproclamé par l'organisation jihadiste la plus redoutée au monde a été éliminé par les forces arabo-kurdes soutenues par les Etats-Unis, après la conquête samedi du dernier territoire tenu par Daesh en Syrie.

Le "califat" autoproclamé de Daesh a été totalement éliminé après la conquête par une force arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis du dernier territoire tenu par les jihadistes en Syrie, a annoncé ce samedi matin cette force.

"Les Forces démocratiques syriennes (FDS) déclarent la totale élimination du soi-disant califat et une défaite territoriale à 100% de Daesh", a ainsi déclaré Mustefa Bali, un porte-parole des FDS, dans un communiqué.

Défait en Irak en 2017

A l'issue de mois de combats, les FDS ont réussi à s'emparer des dernières positions jihadistes à Baghouz, un village de l'est de la Syrie, proche de la frontière irakienne. Les combats ont été très violents face aux derniers irréductibles de Daesh, a précisé ce porte-parole.

Pour célébrer la victoire, des combattants des Forces démocratiques syriennes, fer de lance de la lutte antijihadistes dans la Syrie en guerre, ont hissé leur drapeau jaune dans le village conquis de Baghouz où les derniers jihadistes avaient désespérément résisté. La perte de cette dernière poche dans l'est syrien, près de la frontière irakienne, signe ainsi la fin territoriale de Daesh en Syrie, après sa défaite en Irak en 2017.

Un califat qui aura duré près de 5 ans

Après s'être emparé de vastes régions en Syrie et en Irak, Daesh avait proclamé en juin 2014 un "califat" sur un territoire grand comme le Royaume-Uni, instaurant sa propre administration et collectant des impôts avant de lancer une campagne de propagande pour attirer des recrues étrangères.

Mais l'organisation jihadiste la plus brutale dans l'histoire moderne y avait aussi fait régner la terreur: décapitations, exécutions massives, rapts et viols.... Sans compter les enlèvements d'étrangers et les attentats meurtriers revendiqués en Syrie, dans d'autres pays arabes ou asiatiques et même en Occident ainsi que la destruction de trésors archéologiques. 

5000 jihadistes arrêtés

Le dernier assaut contre Baghouz, lancé début février, est la phase finale d'une opération déclenchée en septembre 2018 pour chasser Daesh des derniers secteurs sous son contrôle en Syrie. Soutenu dans les airs par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, il a été ralenti par la sortie de l'enclave de dizaines de milliers de personnes.

Depuis janvier, plus de 67.000 personnes ont ainsi quitté la poche de Daesh, dont 5000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les FDS. Les civils, la plupart des familles de jihadistes, ont été transférés dans des camps principalement dans celui d'Al-Hol (nord-est) où ils vivent dans des conditions difficiles.

Parmi les rescapés, des milliers d'étrangers venus de France, de Russie, de Belgique et de dizaines d'autres pays, pour rejoindre le "califat". Leur rapatriement fait toujours débat notamment au sein des pays occidentaux.

Macron salue "une étape immense"

Dans une première réaction d'un pays membre de la coalition antijihadistes, le président français Emmanuel Macron a salué "une étape immense", estimant qu'un "danger majeur" pour la France avait été "éliminé" après la chute du "califat".

Daesh a perdu toutes ses bases territoriales mais il faut rester prudent parce qu'il "s'était préparé depuis longtemps à cette échéance", prévient malgré tout la ministre des Armées Florence Parly. 

"Désormais Daesh ne contrôle plus de territoire, ni en Irak, ni en Syrie", écrit-elle dans un communiqué. "Nous ne devons pas nous bercer d'illusions. S'il faut célébrer le succès, la situation n'en reste pas moins précaire sur le terrain. Il est urgent de rester concentrés dans notre combat contre le terrorisme". 

La Première ministre britannique Theresa May a quant à elle considéré la chute du califat autoproclamé de Daesh comme une "étape historique" dans l'offensive contre le groupe jihadiste, appelant à poursuivre le combat à son encontre.

La fin du "califat" de Daesh marque le début d'une nouvelle phase dans la lutte contre les jihadistes, a déclaré samedi le commandant des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Kobane, après l'annonce de la victoire contre Daesh.

Lors d'une cérémonie de célébration dans l'est de la Syrie, l'envoyé américain de la coalition internationale anti-Daesh dirigée par les Etats-Unis, William Roebuck, a de son côté salué une "étape cruciale" de la lutte contre l'organisation jihadiste.

Mélanie Rostagnat avec AFP