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Syrie: la bataille de Raqqa entre dans sa "phase finale"

Un membre des Forces démocratiques syriennes à Raqqa le 8 octobre 2017

Un membre des Forces démocratiques syriennes à Raqqa le 8 octobre 2017 - Bulent Kilic-AFP

Les Forces démocratiques syriennes ont assuré que la bataille pour reprendre Raqqa, la "capitale" de Daesh, entrait dans sa "phase finale". samedi près de 3.000 civils ont été évacués des zones de combats.

La bataille pour reprendre Raqqa à Daesh est dans sa "phase finale", ont annoncé dimanche les combattants soutenus par les Etats-Unis, après que la totalité des civils ont été évacués de cette ville syrienne à l'exception des proches de jihadistes étrangers.

Ancienne place forte de l'organisation extrémiste sunnite en Syrie et symbole de ses atrocités, Raqqa est désormais quasi intégralement contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS, une alliance de combattants arabes et kurdes), qui y sont entrées en juin après des mois de combats acharnés.

"Nous sommes désormais dans la phase finale de la bataille de Raqqa", a déclaré à l'AFP Jihan Cheikh Ahmed, porte-parole des FDS pour cette opération.

Dans un communiqué, l'alliance a souligné que cette ultime étape "mettrait fin" à la présence des combattants jihadistes dans l'ancienne "capitale" de facto de Daesh en Syrie. "La bataille (...) va se poursuivre jusqu'à ce que toute la ville soit nettoyée des terroristes qui refusent de se rendre", a-t-elle assuré.

"250 à 300" jihadistes étrangers

La prise des derniers réduits jihadistes dans le centre-ville a été freinée par la présence de plusieurs milliers de civils utilisés comme "boucliers humains" --ils étaient encore environ 8.000 il y a quelques jours de cela, selon l'ONU--.

Dimanche, un porte-parole de la coalition internationale soutenant les FDS a toutefois indiqué que les civils encore présents avaient été évacués la veille, après un accord conclu entre les jihadistes syriens et le Conseil civil de Raqqa, une administration locale mise en place par les FDS.

"Plus de 3.000 civils ont fui samedi soir" et ont rejoint des zones contrôlées par les FDS, a dit Talal Sello, un porte-parole de cette coalition. Selon lui, "il n'y a désormais plus de civils pris au piège comme bouclier humain" à Raqqa.

Seuls demeurent des proches de jihadistes étrangers, a-t-il noté. "Il reste seulement 250 à 300 terroristes étrangers qui ont refusé l'accord et ont décidé de se battre jusqu'au bout, (...) et des proches de certains de ces combattants". Quelque 275 jihadistes syriens et leurs familles ont, en revanche, quitté la ville en vertu de l'accord d'évacuation négocié avec le Conseil civil de Raqqa, a encore relevé Talal Sello.

"Les étrangers de Daesh ne peuvent pas être pardonnés"

S'agissant des jihadistes étrangers, aucun ne figure parmi les combattants de Daesh ayant pu sortir de Raqqa, a de son côté assuré dans un communiqué ce conseil, démentant les propos tenus auparavant par un de ses hauts responsables. 

"Pour clarification et par souci de précision, les étrangers de Daesh (...) ne peuvent pas être pardonnés", a affirmé le conseil. "Ceux qui se sont rendus sont seulement Syriens et ils sont au nombre de 275 en incluant leurs proches", a-t-il confirmé.

L'accord d'évacuation impliquant des combattants de Daesh avait été dévoilé samedi par des responsables locaux. Un haut responsable du Conseil civil de Raqqa, Omar Allouche, avait déclaré à l'AFP que des combattants syriens et étrangers de Daesh devaient quitter la ville en vertu de cet accord, probablement pour rejoindre les territoires de la province voisine de Deir Ezzor toujours aux mains de Daesh.

La coalition internationale emmenée par Washington avait confirmé le départ d'un "convoi" de Raqqa, sans évoquer le sort des jihadistes syriens. Elle avait par contre assuré que les combattants étrangers en seraient exclus.

"La dernière chose que nous voulons, c'est que les combattants étrangers soient libérés afin qu'ils puissent retourner dans leur pays d'origine et causer plus de terreur", a déclaré dimanche le porte-parole de la coalition, le colonel Ryan Dillon. 

Revers de taille

Les FDS ont entamé en novembre 2016 leur opération pour reprendre Raqqa, capturée par Daesh en 2014 lors de sa percée fulgurante en Syrie et en Irak. La ville était devenue le symbole des pires atrocités commises par l'organisation jihadiste, qui y aurait planifié les attentats ayant frappé plusieurs pays ces dernières années.

Interrogée dimanche sur le sort des jihadistes étrangers encore présents à Raqqa, la ministre française de la Défense, Florence Parly, a évoqué la volonté de Paris d'"aller au bout de ce combat". "Bien sûr, si des jihadistes périssent dans ces combats, je dirais que c'est tant mieux", a-t-elle ajouté.

La chute de Raqqa constituerait un nouveau revers de taille pour Daesh, qui a perdu ces derniers mois de larges parties de territoires dont il s'était emparé, notamment Mossoul, son grand bastion en Irak.

G.D. avec AFP