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Irak: les dernières heures de Daesh à Mossoul

La bataille de Mossoul, en Irak, est-elle en train de vivre ses dernières heures? (Photo datant de janvier 2017)

La bataille de Mossoul, en Irak, est-elle en train de vivre ses dernières heures? (Photo datant de janvier 2017) - Dimitar Dilkoff - AFP

Dans certains quartiers de la ville, les forces de l'ordre irakiennes ont déjà commencé à célébrer leurs victoires. Mais le groupuscule jihadiste contrôle encore deux pâtés de maison et a posé des pièges partout.

Lancée le 17 octobre, la reconquête de Mossoul n'est plus qu'une question d'heures selon un général américain, et des policiers ont même commencé à célébrer ce qui va être la plus grande victoire des forces irakiennes contre les jihadistes de Daesh.

L'annonce par les autorités irakiennes de la reprise totale de la ville est "imminente", a déclaré par téléphone, samedi, le général Robert Sofge, depuis Bagdad: "Je ne veux pas spéculer (...), mais je pense que ce sera très bientôt", a insisté le gradé américain, à la tête du centre des opérations conjointes de la coalition antijihadistes menée par Washington.

"Ces deux derniers jours, nous sommes arrêtés à 100/50 mètres du Tigre. La fin de la bataille est proche, je dirais deux jours", avait de son côté expliqué à Mossoul le lieutenant-général Abdel Ghani al-Assadi, un commandant des troupes d'élite du contre-terrorisme (CTS).

Neuf mois de combats

Près de neuf mois après le début de l'opération pour reprendre la deuxième ville d'Irak, dont Daesh s'était emparé en 2014, les derniers jihadistes sont assiégés dans deux pâtés de maisons au coeur de la vieille ville, près du Tigre. Et les derniers jihadistes, "désespérés, (...) font autant de ravages qu'ils le peuvent", explique le général Sofge.

"L'ennemi a semé des engins piégés partout, à chaque endroit, dans chaque placard, dans un cas, sous un couffin même", poursuivait le gradé américain.

Certains se font passer pour morts, vêtus de gilets explosifs, qu'ils mettent à feu à l'approche des forces irakiennes de sécurité. Des femmes combattantes se sont elles faites sauter au milieu de civils déplacés.

700.000 déplacés

D'après le lieutenant-général Assadi, la progression est rendue lente et difficile par la présence des nombreux kamikazes de Daesh, mais aussi par les bombes dans les maisons. Complication supplémentaire: l'armée ne peut utiliser les bombardements en raison de la présence de milliers de civils.

Sur le plan humanitaire, l'offensive à Mossoul a eu des répercussions majeures. Sur les 915.000 personnes ayant fui la ville, environ 700.000 sont toujours déplacées, selon Lise Grande, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak.

Pendant que les CTS continuaient le combat dans une zone d'environ 100 m de profondeur sur 300 m de largeur, le long du Tigre, des membres de la police fédérale commençaient déjà à exprimer leur joie à Mossoul, la fin de leur mission leur ayant été signifiée.

V de la victoire

V de la victoire, selfies avec un drapeau de Daesh à l'envers: "Ils méritent de célébrer cela et peuvent ressentir toute la fierté et le sens du travail accompli", a témoigné le général Sofge, offrant ses "félicitations à l'avance pour cette grande bataille".

"Il faut revenir à la Seconde guerre mondiale pour trouver (une bataille) qui se rapproche seulement" de celle de Mossoul, a-t-il jugé.

Cette ville avait une dimension très symbolique pour Daesh: c'est là que son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique après avoir proclamé un "califat" sur les vastes territoires conquis par le groupe jihadiste en Irak et en Syrie.

"La libération de Mossoul va susciter une réaction"

La fin des combats à Mossoul ne marquera cependant pas la disparition de Daesh, qui contrôle encore des secteurs en Irak et des territoires dans l'est et le centre de la Syrie, où son fief Raqqa est assiégé par des forces soutenues par Washington.

Le groupe ultraradical conserve en outre des capacités de mener régulièrement des attentats à la bombe meurtriers dans des secteurs sous contrôle du gouvernement. Daesh a encore "largement de quoi se battre", a estimé le général Sofge.

"La libération de Mossoul va susciter une réaction" chez les jihadistes.