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Après une courte respiration, les hostilités reprennent à Gaza

A peine une demi-heure après l'expiration du cessez-le-feu, vendredi, des milliers de Gazaouis ont fui leurs maisons par peur de nouvelles frappes.

A peine une demi-heure après l'expiration du cessez-le-feu, vendredi, des milliers de Gazaouis ont fui leurs maisons par peur de nouvelles frappes. - -

Avant même l'expiration du cessez-le-feu bilatéral de 72 heures, ce vendredi, des roquettes tirées de Gaza ont touché Israël, qui a riposté en bombardant des "cibles terroristes". Alors que les deux camps se rejetaient mutuellement la faute de l'échec des négociations, des milliers de Gazaouis ont fui leurs maisons de peur de frappes israéliennes.

Un mois jour pour jour après le début de l'offensive israélienne "Bordure protectrice" lancée le 8 juillet dernier, les espoirs de paix se sont envolés. Impossible de dire cependant si la bataille est appelée à repartir avec la même intensité. Le cessez-le-feu de 72 heures arraché mardi par l'Egypte n'a pas été prolongé vendredi matin, les deux ennemis s'en rejetant mutuellement la faute. Des dizaines de roquettes tirées de Gaza ont touché Israël, qui a riposté en bombardant selon lui des cibles "terroristes", tuant un enfant de 10 ans.

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> Reprise des hostilités avant même la fin de la trêve

Sans attendre l'échéance de 7 heures (françaises) ce vendredi, le Hamas et le Jihad Islamique ont annoncé au Caire qu'ils ne prolongeraient pas la trêve et deux roquettes ont été tirées comme d'ultimes tentatives de peser sur les négociations.

Après la fin du cessez-le-feu, plus de 33 roquettes ont été lancées de la bande de Gaza vers Israël en l'espace de quatre heures, a dit l'armée israélienne. Trois ont été interceptées, 26 ont atteint le territoire israélien, 4 sont retombées dans le territoire même, précisant que l'une d'elle avait blessé deux personnes, un soldat et un civil.

Après un silence de plus de deux heures, "le Premier ministre et le ministre de la Défense ont ordonné (à l'armée israélienne) de riposter vigoureusement à la violation du cessez-le-feu par le Hamas", a indiqué un responsable. La reprise des tirs de roquettes est "intolérable", a justifié le porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Peter Lerner, "nous allons continuer à frapper le Hamas, son infrastructure, ses combattants, et restaurer la sécurité de l'Etat d'Israël".

> Les négociations dans l'impasse

"Nous refusons de prolonger le cessez-le-feu, c'est une décision finale, Israël n'a rien proposé", avait déclaré un membre du Hamas au sein de la délégation de négociateurs palestiniens dans la matinée. En premier lieu, Israël n'a pas accepté de lever le blocus qu'il impose depuis 2006 au territoire et qui asphyxie son économie, a-t-il expliqué. La levée de ce blocus, enjeu essentiel des discussions, est une exigence primordiale des Palestiniens et une préoccupation capitale des Israéliens qui craignent l'entrée à Gaza d'hommes et de matériels pouvant lui nuire.

Selon un responsable palestinien, le Hamas et le Jihad islamique avaient accepté de prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que les termes d'un projet d'accord sur le blocus avaient été changés. Selon un responsable israélien, Israël a dit à l'intercesseur égyptien qu'il était "disposé à prolonger le cessez-le-feu de 72 heures, avant que le Hamas ne viole la trêve".

Après plusieurs heures d'incertitude, la question d'une éventuelle poursuite des discussions du Caire malgré la reprise des tirs semblait réglée: "Israël ne négociera pas sous les bombes", donc aussi longtemps que dureront les tirs de roquettes, a dit un responsable sous couvert de l'anonymat.

> Des milliers de Gazaouis en fuite

Une demi-heure seulement après l'expiration du cessez-le-feu, à Beit Hanoun par exemple, des colonnes de Gazaouis en voitures, en charrettes ou à pied, les bras encombrés de sacs de nourriture ou de linge, reprenaient le chemin des refuges par peur des frappes.

Ces craintes se sont confirmées très vite avec la mort d'un enfant de dix ans tué par un raid aérien israélien qui a aussi fait six blessés dans ou près d'une mosquée dans le nord de la ville de Gaza.

L'armée israélienne a réinstauré les dispositions de défense passive qu'elle avait levées à la faveur du cessez-le-feu. Les rassemblements de plus de 500 civils dans les villes à moins de 40 kilomètres de la bande de Gaza sont à nouveau interdits, les activités sont interdites dans les jardins d'enfants dépourvus d'abris contre les bombes.

C. P. avec AFP