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Gaza: Israël souhaite prolonger la trêve au-delà des 72 heures

Les habitants de Gaza retrouvent leurs habitations totalement dévastées.

Les habitants de Gaza retrouvent leurs habitations totalement dévastées. - -

La trêve se poursuivait mercredi entre Israël et le Hamas palestinien. En fin de journée, un responsable israélien a dit que son pays était prêt à prolonger le cessez-le-feu, sans condition, au-delà des 72 heures convenues initialement. Malgré tout, les discussions pour sceller une paix durable s'annoncent compliquées.

Après les combats, place aux négociations. Les armes restent muettes, ce mercredi, à Gaza. Pour le deuxième jour consécutif, un cessez-le-feu est en cours entre Israël et le Hamas palestinien. Véritable première depuis la reprise du conflit, le 8 juillet dernier, avec le lancement de l’opération israélienne "Bordure protectrice", la pause semble être respectée des deux côtés.

Cette trêve, obtenue avec les médiations égyptienne et américaine, était censée durer 72 heures. Mais elle pourrait se prolonger au-delà de ce délai, comme un officiel isarélien l'a signifié sous le couvert de l'anonymat mercredi soir. "Israël ne voit aucun problème à ce que le cessez-le-feu soit prolongé sans condition", a dit ce responsable. Interrogé sur la durée de cette prolongation, il a précisé qu'elle pouvait être illimitée.

Reste ensuite à sceller une paix plus durable entre les deux belligérants. A ce titre, des discussions vont s’ouvrir chez le voisin égyptien. Elles s’annoncent déjà très compliquées, tant les exigences des deux parties sont diamétralement opposées.

Un silence inhabituel à Gaza

La délégation israélienne est arrivée mardi soir au Caire, tandis que les représentants du Hamas, du Jihad islamique et du Fatah dans la bande de Gaza rejoignaient la délégation palestinienne déjà présente dans la capitale égyptienne.

A Gaza, la nuit de mardi à mercredi a été marquée par un silence devenu inhabituel. Le territoire dévasté semblait n'avoir encore jamais connu autant de calme depuis le début le 8 juillet de cette guerre qui a fait, selon le ministère palestinien de la Santé, 1.875 morts, dont 430 enfants et adolescents et 243 femmes. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri, ce qui constitue le bilan le plus lourd pour l’Etat hébreu depuis 2006.

Une trêve mieux engagée, mais fragile

Toutes les trêves précédentes ont volé en éclats, mais l'annonce par l'armée israélienne de la sortie de "toutes" ses forces de l'enclave palestinienne devrait favoriser le respect de celle-ci, même si l'armée a pris soin de préciser qu'elle riposterait "à toute attaque".

A la faveur de l'accalmie, les secours ont pu accéder à des zones bloquées par les combats, où ils commençaient à découvrir de nouveaux corps, alourdissant un bilan humain déjà exorbitant.

En voitures ou en charrettes tirées par des ânes, des milliers de Palestiniens sont retournés chez eux, pour voir si leur maison était toujours debout. Après celui des bombes, ils ont accusé le choc de la dévastation. Dans le secteur de Beit Hanoun (nord), Rafat al-Masri, père de cinq enfants, n'a retrouvé que des ruines. "J'ai travaillé 40 ans pour cette maison. Elle est complètement détruite. Il ne reste rien".

De 4 à 6 milliards de dollars de dégâts

La guerre a causé entre 4 et 6 milliards de dollars de dégâts directs, mais l'addition pourrait être bien plus salée, selon le vice-ministre palestinien de l'Economie Tayssir Amro. Après les frappes aériennes déclenchées le 8 juillet, les forces terrestres israéliennes sont entrées le 17 juillet dans le territoire surpeuplé pour faire cesser les tirs de roquettes du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, sur Israël et démanteler le réseau de souterrains permettant aux Palestiniens de mener des incursions en Israël.

La police israélienne a pour sa part annoncé, mardi, l'arrestation il y a un mois en Cisjordanie, du Palestinien Hossam Kawasmeh. Il est présenté comme le "cerveau" de l'enlèvement et du meurtre de trois jeunes Israéliens en juin.

Le gouvernement israélien avait accusé le Hamas d'être derrière ce meurtre et trois extrémistes juifs avaient ensuite, cherchant à venger ces morts, enlevé et tué un adolescent palestinien à Jérusalem, un cycle de violence qui avait contribué à l'escalade de tension entre Israël et le Hamas.

Jé. M. avec AFP