BFMTV

Gaza: des roquettes tirées sur Israël après 12 heures de trêve

Un cessez-le-feu de 12 heures entre Israël et le Hamas palestinien est entré en vigueur samedi à Gaza

Un cessez-le-feu de 12 heures entre Israël et le Hamas palestinien est entré en vigueur samedi à Gaza - -

Alors que l'Etat hébreu avait accepté de prolonger de quatre heures le bref cessez-le-feu respecté ce samedi, de nouveaux tirs ont été réalisés et revendiqués par le Hamas, brisant, de facto, le cessez-le-feu. Par ailleurs, côté palestinien, le cap des 1.000 morts a été franchi.

La trêve ne sera donc pas prolongée. Après un bref cessez-le-feu de 12 heures entre Israël et le Hamas, la communauté internationale avait poussé les deux parties à prolonger cette pause humanitaire.

Si Israël a accepté de continuer, en fin de journée, de poursuivre le cessez-le-feu pour quatre heures supplémentaires, jusqu'à minuit heure locale (23 heures en France), le Hamas a répondu de son côté par des tirs revendiqués, de trois roquettes contre l'Etat hébreu, peu de temps après la fin du premier cessez-le-feu, après 20 heures localement (19 heures sur place).

De facto, le prolongement de la pause humanitaire a désormais été rejeté, même si aucun autre tir, d'un côté ou de l'autre, n'était à signaler à 22h30, heure locale (21h30 en France).

La guerre la plus meurtrière depuis 5 ans

Au 19e jour de l'offensive israélienne contre le Hamas palestinien, un triste cap a été franchi. La pause observée dans la journée a permi aux habitants et aux secours locaux d'extraire plus de 130 corps des décombres à Gaza, ce samedi, alourdissant davantage un bilan humain horrible.

Cette guerre, en plein mois de ramadan, est la plus meurtrière à Gaza depuis 2008-2009. Plus de 1.000 Palestiniens, en grande majorité des civils, ont été tués depuis le début le 8 juillet des opérations destinées anéantir les capacités militaires du Hamas, qui contrôle Gaza.

Quarante soldats israéliens sont tombés au combat, ce qui représente les pertes militaires les plus élevées depuis la guerre de l'été 2006 contre le Hezbollah libanais. Les roquettes ont aussi tué trois civils en Israël.

Scènes de désolation à Chajaya

Avec la fragile pause, partout dans le territoire, des habitants chassés de leur foyer par les hostilités sont retournés dans leur quartier, où ils ont découvert des scènes de désolation: maisons défoncées, éventrées, effondrées, des dépouilles noircies au milieu des ruines et des traces de sang mêlées aux empreintes des chars israéliens.

Le mouvement islamiste Hamas a déconseillé aux habitants déplacés - plus de 160.000 selon l'ONU - d'approcher des immeubles bombardés et des zones de combats de crainte d'engins non explosés ou piégés.

A Chajaya, banlieue à l'est de la ville de Gaza très durement frappée, un homme d'une soixantaine d'années s'effondre devant ce que fut sa maison, une femme crie, les bras tendus vers le ciel. "Regardez, il ne reste rien ! Il n'y a rien", lance un Gazaoui, Khader Soukar, en évoquant "un tremblement de terre ou une bombe nucléaire".

Les quelque 1,8 million de Palestiniens de Gaza, entassés dans la misère sur un minuscule territoire de 362 km2 soumise à un blocus israélien depuis 2006, savent bien qu'ils n'en ont probablement pas fini avec les épreuves.

M.G. & Jé. M. avec AFP