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Barack Obama va-t-il relancer le processus de paix au Proche-Orient?

Le président américain Barcak Obama

Le président américain Barcak Obama - -

Le président américain arrive mercredi en Israël pour une visite de deux jours. Si les dossiers brûlants de la crise syrienne et du nucléaire iranien seront au menu, le processus de paix israélo-palestinien devrait également être abordé. Le début d'une nouvelle ère?

Serpent de mer depuis les années 1970, le processus de paix israélo-palestinien est un casse-tête sur lequel plusieurs présidents américains se sont cassés les dents. Pour sa première visite en Israël depuis 2008, Barack Obama est-il en mesure de relancer des négociations au point mort?

Un dialogue arrêté en 2008

Car depuis les accords de Camp David en 1978, les avancées sont maigres et le processus de paix n'apparaît même plus comme une priorité internationale. "Le processus de paix est au point mort, confirme Frédéric Encel, spécialiste du Moyen-Orient. Les dernières discussions remontent à Annapolis", en novembre 2007, lorsque, sous l'impulsion de George W. Bush, Israéliens et Palestiniens s'engagent à tout faire pour parvenir à un accord avant la fin 2008. Une opération "Plomb durci" plus tard -menée en décembre 2008 par Israël en représailles contre le Hamas-, la communication est coupée et chacun campe sur ses positions.

"Depuis l'arrivée au pouvoir de Benjamin Netanyahou en 2009, Israël estime que 'tout est sur la table' et que les négociations peuvent reprendre sur les bases d'Annapolis, explique Frédéric Encel. De son côté, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pose l'arrêt des colonies comme préalable à toute négociation." Un dialogue de sourds, donc, même si Frédéric Encel réfute tout "problème de personnes". "Les deux hommes se connaissent depuis longtemps et ne suscitent pas de rejet de part et d'autre. Mahmoud Abbas n'est pas honni par les Israéliens comme pouvait l'être Arafat, l'inverse est vrai aussi avec Netanyahou."

La Syrie et l'Iran, nouvelles priorités internationales

Mais entre temps, "d'autre dossiers ont éclipsé le conflit israélo-palestinien, la crise syrienne et le nucléaire iranien en tête", rappelle Frédéric Encel. Barack Obama lui-même ne s'est jamais emparé du conflit israélo-palestinien. Une attitude qui lui vaut d'être attendu au tournant aussi bien par les Palestiniens, qui espèrent plus qu'un simple haussement de ton du président américain sur les colonies, que les Israéliens, qu'il a "boudé" depuis 2008.

Pourtant, Barack Obama arrive les mains vides ou presque, bien loin des grandes ambitions de "nouveau départ" défendues dans son discours du Caire, en 2009. "Un président américain qui indique qu'il vient sans proposition de paix, ce n'est pas sérieux", souligne Frédéric Encel.

"Pessimiste à court terme, optimiste à long terme"

Dès lors, les Etats-Unis ont-ils toujours un rôle moteur à jouer dans ce processus de paix ou n'est-il pas temps de passer la main à d'autres interlocuteurs? "Le moteur est grippé, certes, mais les Etats-Unis restent le seul moteur possible, estime Frédéric Encel. Les Russes sont forts mais sur la Syrie, les Chinois sont trop éloignés de leur sphère d'influence et les Européens, trop désargentés pour manier la carotte et le bâton."

Qu'il le veuille ou non, cette responsabilité incombe donc à Barack Obama. "A court terme, relancer le processus de paix me semble difficile", explique Frédéric Encel. La position ouvertement pro-colons du nouveau gouvernement israélien, qui a prêté serment lundi, ne penche pas dans le sens du dialogue. Même le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, parlait de "phase critique" en janvier dernier.

"A long terme en revanche, je suis optimiste car on a vraiment des fondamentaux sains, avec l'idée d'un état palestinien aujourd'hui acquise en Israël", poursuit le spécialiste. Selon lui, la conjonction de trois facteurs permettrait de réunir les conditions pour de nouvelles négociations: "un gouvernement de gauche en Israël, des Palestiniens unis derrière leur président et une impulsion des Etats-Unis." Justement celles qui avaient permis d'aboutir aux accords d'Oslo en 1993.

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