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Nucléaire: les négociations reprennent sur le programme iranien

Les négociations reprennent mardi et mercredi sur le programme nucléaire iranien, dans les locaux genèvois de l'ONU.

Les négociations reprennent mardi et mercredi sur le programme nucléaire iranien, dans les locaux genèvois de l'ONU. - -

Les négociations sur le programme nucléaire iranien s’ouvrent mardi à Genève. L'Iran espère arriver à une feuille de route d'ici mercredi.

La voie diplomatique suffira-t-elle à régler le conflit entre l'Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien? Les négociations reprennent en ce sens mardi et mercredi à l'ONU, à Genève.

Elles réuniront l'Iran d'un côté, et de l'autre les pays dits du "5+1": la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Russie et la Chine. Les directeurs politiques ou les vice-ministres des Affaires étrangères seront chargés des négociations.

"J'espère que nous pourrons arriver à une feuille de route d'ici mercredi mais (...) il sera probablement nécessaire d'avoir une nouvelle réunion ministérielle", a écrit dimanche soir le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif,sur sa page Facebook.

Catherine Ashton mènera les négociations

Une première réunion des différents chefs de la diplomatie et de la représentante de l'Union européenne Catherine Ashton a eu lieu fin en septembre à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

"La réunion de Genève est la première séance de négociation (...) depuis la réunion ministérielle à New York. C'est un test pour nous afin d'évaluer le sérieux des pays du 5+1 pour arriver à une solution rapide", a déclaré Mohammad Javad Zarif à son arrivée à Genève.

Le ministre a confirmé qu'il dînerait lundi soir avec Catherine Ashton, qui mènera pour le 5+1 les négociations. Mohammad Javad Zarif participera mardi à l'ouverture des discussions. Son vice-ministre, Abbas Araghchi, dirigera ensuite les négociations côté iranien.

L'uranium, "la ligne rouge" iranienne

Les discussions sont interrompues depuis avril, après que le 5+1 a présenté une offre lors de la rencontre d'Almaty (Kazakhstan). Abbas Araghchi a déclaré que "le plan qui sera présenté par Mohammad Javad Zarif aux pays du 5+1 lors de la séance d'ouverture (...) a été préparé de telle sorte qu'il n'y ait pas de prétexte pour le refuser", sans être plus explicite. "J'ai la conviction que nous pouvons régler la question nucléaire au maximum en un an", a répété le ministre des Affaires étrangères iranien.

Abbas Araghchi a néanmoins martelé que l'enrichissement d'uranium, au centre des inquiétudes occidentales, était "la ligne rouge de l'Iran". "Nous ne permettrons en aucun cas que l'enrichissement d'uranium soit suspendu, limité ou stoppé. Nous pouvons en revanche discuter du niveau, de la forme et de la quantité de l'enrichissement", a-t-il dit. "Nous ne permettrons pas non plus qu'un gramme d'uranium enrichi quitte le pays", a-t-il ajouté.

Selon le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) publié fin août, l'Iran possède 6.774 kilogrammes d'uranium enrichi à 3,5%, et 186 kg d'uranium enrichi à 20%. Le pays a également transformé 187 autres kilos d'uranium enrichi à 20% en barres de combustibles. Téhéran détient plus de 19.000 centrifugeuses, dont 1.000 de la nouvelle génération.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de dissimuler un volet militaire sous son programme nucléaire civil. Ils s'inquiètent de la possibilité pour Téhéran d'enrichir l'uranium à un niveau suffisant pour fabriquer une bombe atomique.

A. K. avec AFP