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Nucléaire iranien: Khamenei reproche à Macron d'être "soit naïf soit complice des États-Unis"

Le guide suprême iranien Ali Khamenei prononce un discours pour le 40e anniversaire de la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, le 3 novembre 2019

Le guide suprême iranien Ali Khamenei prononce un discours pour le 40e anniversaire de la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, le 3 novembre 2019 - IRANIAN SUPREME LEADER'S WEBSITE / AFP

Lors d'une allocution prononcée ce dimanche à Téhéran, le guide suprême iranien a réaffirmé son opposition à toute négociation avec les États-Unis sur le dossier du nucléaire.

Les analystes français avaient salué "un véritable coup diplomatique" d'Emmanuel Macron, lorsque le président français était parvenu à faire venir au sommet du G7 à Biarritz le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. Le chef de l'Etat avait alors lancé l'idée d'une rencontre entre le président iranien, Hassan Rouhani, et son homologue américain, Donald Trump, dans l'idée de parvenir à un nouvel accord sur le nucléaire iranien. En vain.

Une stratégie qui n'est pas vue d'un très bon oeil de la part du guide suprême iranien qui a souligné ce dimanche la "naïveté" du président français, à l'occasion d'un discours prononcé pour le 40e anniversaire de la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran.

Emmanuel Macron est "soit très naïf, soit complice des États-Unis" s'il pense qu'"une rencontre avec le président (américain) va résoudre tous les problèmes", a ainsi déclaré Ali Khamenei.

Une opposition à "tout dialogue avec les Etats-Unis"

Au cours de son allocution, le guide suprême iranien a réaffirmé son opposition à tout dialogue avec Washington, assurant que "discuter avec les Américains ne mènerait à rien".

"L'opposition constante à des négociations avec les États-Unis est l'un des instruments importants dont dispose l'Iran pour les empêcher de prendre pied dans notre cher pays", a déclaré l'ayatollah Ali Khamenei. "Cette mesure dictée par la logique interdit à l'Amérique de ré-infiltrer l'Iran. Elle est une preuve du pouvoir et de la puissance véritables de l'Iran et montre que la puissance (des États-Unis) n'est que fiction", a ajouté le numéro un iranien.

Depuis plusieurs mois, la tension entre Téhéran et Washington connaît de nouveaux pics sur fond de retrait des Etats-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et en raison de la poursuite d'une politique américaine de "pression maximale" contre une République islamique que la Maison Blanche accuse de tous les maux du Moyen-Orient.

Le président américain Donald Trump, qui accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire -ce que la République islamique a toujours démenti- a sorti unilatéralement son pays de ce pacte en mai 2018 avant de rétablir et étendre de lourdes sanctions contre l'Iran. En riposte au rétablissement des sanctions américaines, qui ont fait plonger l'économie iranienne, Téhéran a commencé en mai à revenir sur certains engagements.

Mélanie Rostagnat avec AFP